Libye: la CPI lance un mandat d'arrêt contre un officier des forces d'Haftar

Mahmoud Al-Werfalli est accusé par la CPI d'avoir «directement commis et ordonné la commission de meurtres».
© ICC-CPI / AFP

La chambre préliminaire I de la CPI, la Cour pénale internationale, a délivré mardi 15 août un mandat d'arrêt à l'encontre d'un officier des forces du maréchal Haftar pour crimes de guerre, pour des meurtres présumés commis à Benghazi et ses environs.

Le mandat délivré par la CPI vise Mahmoud Al-Werfalli, un officier de la brigade Al Saiqa, une ancienne unité d'élite de l'armée sous Mouammar Khadhafi, qui avait rapidement fait défection en 2011 pour rejoindre le camp des révolutionnaires. Cette brigade s'est par la suite placée sous le commandement du général Haftar, prenant part en première ligne à l'offensive lancée en 2014 pour la reconquête de Benghazi.

C'est pour des faits remontant aux dernières phases de cette campagne, entre juin 2016 et juillet 2017, que Mahmoud Al-Werfalli est accusé de crimes de guerre. Selon le mandat d'arrêt de la CPI, il lui est reproché d'avoir « directement commis et ordonné la commission de meurtres » concernant 33 personnes, au cours de 7 séries distinctes d'exécutions, à Benghazi et ses alentours.

En juillet dernier, l'ONU avait demandé à l'ANL, l'Armée nationale libyenne d'Haftar, de suspendre Al-Werfalli après la diffusion d'une vidéo où il apparaissait en train d'abattre trois prisonniers agenouillés face à un mur. Le mois précédent, deux autres vidéos montraient ce qui semblait être des exécutions sommaires, effectuées par des soldats de l'ANL sous les ordres d'Al-Werfalli. Pour sa part, l'ANL avait assuré en juillet, après la demande de l'ONU de suspendre Al-Werfalli, qu'elle ouvrirait une enquête sur la vidéo incriminée, tout en affirmant qu’il n'y avait « aucune vérité dans les accusations de meurtre de prisonniers ».

La procureure de la CPI appelle à la coopération des autorités libyennes et à l'appui de la communauté internationale pour faire exécuter le mandat, ce qui sera difficile, reconnaît-elle. Une évidence au vu des jeux de pouvoir et du chaos actuel en Libye.

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