Somalie: le numéro deux des shebabs officialise sa défection du mouvement

Le numéro deux des shebabs, Mukhtar Robow, a officialisé sa défection du mouvement devant la presse le 15 août 2017 à Mogadiscio.
© MOHAMED ABDIWAHAB / AFP

Mukhtar Robow, l'ancien numéro deux du mouvement extrémiste shebab somalien a annoncé officiellement mardi 15 août à Mogadiscio sa défection du mouvement. Il a été transféré lundi vers la capitale fédérale après s'être rendu aux autorités dimanche dans le sud-ouest du pays. Des mesures de sécurité renforcées ont accompagné son arrivée à Mogadiscio.

C'est en lisant un bref communiqué en langue somali devant les médias mardi 15 août, que Mukhtar Robow, ancien numéro deux des shebabs, a annoncé officiellement sa défection du mouvement.  Il en avait été l'un des fondateurs en 1996, année de naissance des shebabs sur les cendres du groupe Union des tribunaux islamiques.

Mukhtar Robow explique avoir quitté les shebabs il y a cinq ans avec 400 hommes, des troupes aujourd'hui restées à Bakool, au sud-ouest du pays. Il affirme aussi être en cours de négociation avec le pouvoir fédéral à Mogadiscio, sans plus de précision, si ce n'est qu'il espère qu'elles aboutissent.

Quelques heures plus tôt, le président Mohamad Abdallahi Farmajo avait tenu des réunions au palais présidentiel, en présence du Premier ministre et du chef de la région sud-ouest. Le cas Mukhtar Robow avait été abordé, mais là aussi, en toute discrétion : rien n'avait filtré.

Mukhtar Robow s'est rendu aux autorités suite à des longues négociations qui ont débuté en juin dernier au moment même où son nom était rayé de la liste noire américaine de terroristes. Les commentateurs locaux y ont rapidement vu un lien avec son ralliement au pouvoir somalien. Les shebabs ont d’ailleurs attaqué son camp quand ils ont compris que les négociations étaient en train d'aboutir, mais sans succès.

Washington, qui mène depuis des années des frappes aériennes contre les shebabs assortis à des opérations commandos, comptait étendre ses opérations en Somalie. Selon des experts militaires, Washington mise sur cette défection pour diviser le mouvement et pousser d'autres chefs à faire de même, encouragés par l'amnistie annoncé par le pouvoir somalien.

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