Zimbabwe: Grace Mugabe soupçonnée d'agression en Afrique du Sud

Le président zimbabwéen Robert Mugabe et son épouse, Grace, le 29 juillet lors d'un meeting du ZANU-PF à Chinhoyi.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

L’épouse de Robert Mugabe est accusée par deux femmes de les avoir agressées, dimanche soir dans un hôtel de Johannesburg. Les autorités sud-africaines, qui avaient dans un premier temps affirmé que Grace Mugabe s'était présentée d'elle-même aux autorités ce mardi matin, ont fait machine arrière : l'épouse de Robert Mugabe ne se serait en fait jamais présentée à la police. Elle devait comparaître devant un juge ce mardi après-midi.

Finalement, le ministre sud-africain de la Police est sans doute allé un peu trop vite en besogne, en annonçant, en fin de matinée que Grace Mugabe, la très influente épouse du chef de l’État le plus âgé de la planète, s’était rendue à la police sud-africaine ce mardi 15 août au matin. Elle « n'est pas en état d'arrestation car elle a coopéré », précisait alors le ministre sud-africain de la Police, Fikile Mbalula, avant d’annoncer que la première dame zimbabwéenne sera présentée devant un tribunal de Johannesburg ce mardi dans l’après-midi.

« Nous ne savons pas où elle se trouve »

Sauf qu'en fait, « nous ne savons pas pour l'heure où elle se trouve (....), les négociations pour que le suspect se rende n'ont pas abouti » a corrigé quelques heures plus tard Vishnu Naidoo, porte-parole de la police sud-africaine. Selon lui, « le ministre de la Police avait été informé » que l'épouse du président zimbabwéen s'apprêtait à se rendre et il aurait parlé trop vite. « Il savait que cela allait se produire, mais il a ensuite appris que cela ne s'était finalement pas concrétisé », affirme Vishnu Naidoo à l'Agence France-Presse.

Les faits qui sont reprochés à Grace Mugabe sont pour le moins rocambolesques. Gabrielle Engels, une jeune femme, l’accuse d’avoir fait irruption dans sa chambre d’hôtel dimanche soir et de l’avoir frappé, elle et l’une de ses amies. Une plainte a été déposée. « On était tranquillement dans notre chambre et elle est arrivée pour nous frapper. J'ai le front ouvert. Je suis mannequin et je gagne de l'argent grâce à mon look », a affirmé Gabriella Engels au quotidien sud-africain The Times.

Le ZANU-PF défend la première dame

Les autorités zimbabwéennes n’ont pour l’instant pas réagi officiellement à cette affaire. En revanche, le ZANU-PF, le parti au pouvoir dont est également membre Grace Mugabe, s’est exprimé sur les réseaux sociaux. « Nous pouvons confirmer qu’il y a eu une altercation mineure entre un agent provocateur et la camarade Grace Mugabe », peut-on lire sur le compte Twitter du ZANU-PF, dans un message diffusé ce lundi 14 août.

Puis, après avoir pourtant affirmé « ne pas souhaiter relayer les rumeurs » sur cette affaire et laisser la place uniquement aux porte-parole officiels, le compte du ZANU-PF a publié une bordée de messages prenant la défense de la première dame zimbabwéenne.

« Nous sommes des protecteurs des droits de l’homme, et en particulier des droits des femmes. En fait, l’un des successeurs possibles de Mugabe est une femme », écrit même le ZANU-PF dans un de ses derniers messages. Grace Mugabe, âgée de 52 ans, est la présidente de la branche « Femmes » du ZANU-PF. Elle est aussi considérée comme la favorite de son époux pour lui succéder à la tête du Zimbabwe.

Il y a moins d'un mois, les deux fils de Grace Mugabe ont été expulsés d'un appartement de luxe de Johannesburg. Sous l'emprise de l'alcool, ils ont saccagé les lieux et se sont battus avec un guarde de sécurité, qui a eu un bras et une jambe cassé.