Kenya: Raila Odinga choisit la voie légale pour contester la présidentielle

Raila Odinga, candidat battu à la présidentielle au Kenya, lors de sa conférence de presse à Nairobi, ce mercredi 16 août.
© REUTERS/Thomas Mukoya

L’opposant Raila Odinga, donné battu par la commission électorale indépendante, a annoncé ce 16 août vouloir saisir la Cour suprême pour contester les résultats de l’élection présidentielle remportée par Uhuru Kenyatta. « Les Kényans n'ont pas besoin de recourir à la violence pour obtenir justice », a-t-il affirmé.

Raila Odinga, opposant historique et candidat malheureux une nouvelle fois, à l’élection présidentielle au Kenya a donc décidé d’emprunter la voie légale, et n’appelle pas ses partisans à prendre la rue, comme le craignaient nombre d’observateurs ces derniers jours.

« Nous avons décidé de saisir la Cour et de montrer au monde la fabrication d'un pouvoir généré par ordinateur », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse ce mercredi 16 août à Nairobi. Une fois saisie, la date limite étant ce vendredi 18 août, la Cour suprême a 14 jours pour rendre son arrêt. « Uhuru Kenyatta a gagné 100% de ses recours. Nous en avons perdu 100%. Mais nous choisissons de laisser une seconde chance aux juges », a déclaré le chef de l'opposition

C’était une annonce très attendue. Raila Odinga avait d’abord annoncé qu’il dévoilerait sa stratégie hier, mardi 15 août, avant de reporter le rendez-vous à ce mercredi. Raila Odinga justifie ce choix par les descentes de police menées à la Commission kenyane des droits de l'homme et chez l'ONG Africog. Deux organisations qui avaient égratigné le processus électoral, pourtant encensé par la communauté internationale. « Voyant la détermination de faire taire toute voix pouvant lancer un recours, nous avons décidé d'aller en justice », a justifié Raïla Odinga.

Choix de la voie légale

Les résultats proclamés vendredi 11 août par la Commission électorale indépendante donnent Uhuru Kenyatta, président sortant, a obtenu 54,27% des voix contre 44,74% à son principal opposant Raila Odinga. Lequel juge toujours que le scrutin a été entaché de fraudes. « Ce n’est que le début, nous n’allons pas accepter [le résultat] et aller de l’avant », a par ailleurs déclaré Raila Odinga lors de son intervention devant la presse.

Je l’ai répété de nombreuses fois : nous essayons d’empêcher tout recours à la violence, mais nous avons aussi pour objectif  que les gens se conforment à la loi.
Marietje Schaake, cheffe de la mission européenne d'observation des élections kényanes
17-08-2017 - Par Fabien Leboucq

« Nous défendrons nos droits de se rassembler et de manifester. Nous organiserons des veillées, des minutes de silence, nous battrons le tambour et ferons tout ce qui est possible pour attirer pacifiquement l'attention sur ces injustices électorales flagrantes », a-t-il ajouté, insistant sur le fait que « les Kényans n'ont pas besoin de recourir à la violence pour obtenir justice ».

Fortes pressions

Après avoir dans un premier temps semblé choisir l’option de la confrontation par la rue, en demandant notamment, dimanche, à ses partisans de se mettre en grève, Raila Odinga semble donc s’être rangé à une stratégie légaliste. Le leader historique de l’opposition, à la tête de la NASA, principale coalition de l’opposition, était soumis à de fortes pressions.

Son parti a contesté la crédibilité des résultats de l’élection dès que les premiers résultats provisoires ont été connus. Mais si, en 2007, le processus électoral avait bel et bien été entaché de fraudes, cette fois, les observateurs internationaux déployés en masse pour scruter au plus près le processus électoral ont tous affirmé que les élections avaient été crédibles et transparentes.

(avec AFP)