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RDC: l'ONU a reçu deux rapports sur l'assassinat de ses experts au Kasaï

Les experts de l'ONU Zaida Catalan (photo de 2009) et Michael Sharp ont été assassinés dans le Kasaï, en mars 2017.
© BERTIL ERICSON, TIMO MUELLER / TT News Agency / AFP

La mort des deux experts de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC) continue de soulever de nombreuses questions. Pour preuve, deux rapports ont été remis ces dernières semaines au Conseil de sécurité de l'ONU. Celui du groupe des experts sur la RDC pour lequel travaillaient Zaida Catalan et Michael Sharp, qui pointe notamment la responsabilité possible des forces de sécurité congolaises dans cet assasinat « prémédité » selon ses rédacteurs, et le rapport de la commission d'enquête indépendante mise en place par l'ONU qui reste, lui, bien plus prudent dans ses conclusions.

Les deux rapports s'accordent sur un point : le double assassinat a été commis vers 16h (heure locale) le 12 mars 2017. La veille, les deux experts avaient rencontré un petit groupe de représentants de la milice des Kamuina Nsapu.

C'est suite à ce rendez-vous estiment les enquêteurs indépendants de l'ONU que Michael Sharp et Zaida Catalan avaient décidé de se rendre dans la localité de Bukonde. Mais à 10 kilomètres de leur destination finale, des coups de feu auraient été tirés dans leur direction et leur chauffeur blessé. Les deux experts auraient été assassinés peu de temps après.

Deux rapports aux tonalités très différentes

Mais les deux rapports ont des tonalités très différentes. Sur deux pages, le groupe des experts décrit cet assassinat sous la forme d'un guet-apens, prémédité selon eux, et évoque comme coupable un groupe hétéroclite d'individus qui aurait pu compter des éléments des forces de sécurité écrivent-il.

Actuellement deux hommes sont en procès pour leur assassinat, et il y a eu de nouvelles arrestations récemment. Mais le groupe d'expert, relève dans son rapport qu' « en dépit d'éléments de preuve disponibles, certains autres suspects clefs » n'ont pas encore été arrêtés. Ils soulignent aussi qu'en mai dernier, un officier supérieur de police congolais leur a fait part du manque coopération des services de sécurité de l’État qui participent aux enquêtes.

Il est clair dans ce rapport que les deux experts sont des victimes innocentes. Ils n'ont rien fait qui puissent contribuer à ce crime intolérable et c'est naturellement mon intention de tout faire dans mes contacts avec le gouvernement du Congo et avec le Conseil de sécurité pour que les criminels soient punis.
António Guterres, secrétaire général de l'ONU
16-08-2017 - Par Marie Bourreau

Dans le rapport remis mardi 15 août au Conseil de sécurité, le comité d'enquête indépendant de l'ONU reste en revanche excessivement prudent et présente des conclusions qui vont dans le sens des autorités congolaises. Il pointe la responsabilité probable de la milice des Kamuina Nsapu tout en estimant « que le manque de preuve ne veut pas dire que d'autres acteurs ne sont pas impliqués ». Il estime aussi que l'ONU a eu une réponse adéquate. L'ONG Human Rights Watch s'est insurgé dans un communiqué contre ces conclusions et demande au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, une investigation sérieuse pour faire éclater la vérité.

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