Republier
Mali Terrorisme

Mali: l'ex-chef de la «police islamique» de Gao condamné à 10 ans de prison

Aliou Mahamar Toure, ici filmé en septembre 2012, a été condamné à 10 ans de prison par la Cour d'assise de Bamako.
© AFP

La justice malienne a condamné vendredi 18 août à 10 ans de prison Aliou Mahamar Touré, surnommé le « coupeur de mains » de Gao, ville du nord Mali contrôlée par les jihadistes entre 2012 et 2013 dont il était le chef de la « police islamique ».

Aliou Mahamar Touré, ex-chef de la « police islamique » de Gao, ville du nord Mali contrôlée par les jihadistes entre 2012 et 2013, qui était accusé notamment d'avoir coupé la main à des voleurs présumés, a été condamné ce vendredi 18 août à 10 ans de prison par la Cour d'assises de Bamako.

« La Cour déclare l'accusé coupable de tous les faits qui lui sont reprochés, mais avec des circonstances atténuantes, et le condamne à une peine de 10 ans de réclusion criminelle », a déclaré le président de la Cour d'assises à l'issue d'un procès qui s'était ouvert vendredi matin dans la capitale malienne.

« Je m'attendais quand même à une peine plus lourde. Les crimes de guerre sont établis (...) Mais c'est un procès pour l'Histoire. La Cour a reconnu coupable l'accusé », a réagi un avocat des parties civiles, également président de l'Association malienne de défense des droits de l'homme (AMDH), maître Moctar Mariko.

« Je regrette la peine infligée à mon client. On n'a pas apporté des preuves irréfutables. En outre, de gros calibres impliqués dans des crimes au nord du Mali pendant l'occupation (des jihadistes) sont à l'air libre, alors que notre client n'était qu'un second couteau », a pour sa part déploré un avocat de la défense, maître Tiessolo Konare.

Il n'a jamais été prouvé que mon client a amputé qui que ce soit.

Maître Tiéssolo Konaré, avocat de la défense
19-08-2017 - Par Serge Daniel

Arrêté en décembre 2013 par les forces armées maliennes, Aliou Mahamar Touré, « l'ancien commissaire islamique » de Gao, plus grande ville du nord du Mali, était notamment accusé d'avoir coupé une main à des voleurs présumés et fouetté en public des femmes qui ne portaient pas le voile islamique. Au moins huit de ses victimes présumées étaient présentes à l'audience, face à un jury composé de quatre civils, du président de la cour et de deux magistrats assesseurs.

Justice à até rendue. En réalité,nous avons été des victimes de l'occupation.

Issa Idrissa Maiga, membre de la partie civile
19-08-2017 - Par Serge Daniel

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.