Avec la crise au Kasaï, la tentation d'exploiter le diamant en Angola

Un Congolais, en Angola, à la recherche du diamant qui fera sa fortune.
© RFI / Sonia Rolley

Des dizaines de milliers de Congolais qui ont fui les violences dans le Grand-Kasaï vivient dans la zone frontalière entre l'Angola et la RDC. Ils sont près de 33 000 réfugiés congolais reconnus par le HCR et le gouvernement angolais. Le flux de nouveaux arrivants s'est quelque peu tari mais le HCR entend faire le tri entre « réfugiés » et « migrants ».

Avec notre envoyée spéciale en Angola, Sonia Rolley

Pour les nouveaux arrivants en Angola en provenance de la république démocratique du Congo, deux cas de figure : soit ils rejoignent leurs familles, et sont dans ce cas immédiatement enregistrés, soit ils doivent attendre pour être enregistrés et bénéficier d'une aide alimentaire. Une procédure normale, selon le HCR, qui entend faire le tri entre les « réfugiés », qui fuient les violences, et  les « migrants » congolais qui, comme par exemple les chercheurs de diamants, viennent en Angola pour des raisons économiques.

Les réfugiés congolais qui arrivent à la frontière et ne viennent pas rejoindre leur famille doivent donc attendre que la procédure suive son cours. Et ils s’en plaignent. Sans un document de reconnaissance de leur statut de réfugié, ils n’ont pas accès à l’assistance alimentaire.

Le HCR précise qu'un entretien individuel doit être réalisé pour s'assurer que la personne a le droit au statut de réfugié. Dans cette province frontalière de Lunda Norte, il y a en effet également des migrants congolais devenus creuseurs artisanaux, à la recherche du diamant qui, pensent-ils, leur apportera la fortune.

Partout, des chercheurs de diamants

Dans cette région, pour trouver des creuseurs artisanaux, il suffit de suivre le cours des rivières. Ils sont partout, même si c'est interdit par la loi angolaise. Ce sont des Angolais mais aussi, et surtout, des Congolais, réputés plus travailleurs.

Il y a ceux qui creusent des trous à côté de la rivière, ceux qui, à l'aide d'un tamis, cherchent les pieds dans l'eau les pierres précieuses et ceux, encore, qui plongent pour trouver les précieux diamants.

« Nous ne sommes pas des réfugiés, nous sommes arrivés clandestinement et nous sommes là depuis 7 à 8 mois. Mais on sait qu'il y a des réfugiés qui sont arrivés. Nous aussi, on aimerait vivre dans ces camps », explique l'un des ces creuseurs congolais à RFI.

Un puit de mine artisanal, dans la zone diamantifère angolaise, non loin de la frontière entre le Congo et l'Angola. © RFI / Sonia Rolley

Expulsions immédiates

Ces creuseurs artisanaux sont le cauchemar du gouvernement angolais, comme du HCR, mais il y en a un autre : celui de voir les réfugiés se mettre eux aussi à creuser. Dans le camp de Kakanda, certains réfugiés reconnaissent avoir déjà tenté de le faire. « Depuis que je suis réfugié, j'ai tenté de le faire, mais ça n'a pas tenu... », confie un réfugié.

Le gouvernement angolais a déjà prévenu que tout réfugié congolais qui serait pris la main dans le sac serait immédiatement expulsé. C'est déjà le quotidien des creuseurs congolais. Ils disent être régulièrement battus par les Forces de sécurité angolaises, dépouillés et renvoyés quasi-nus au Congo. 

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