Grace Mugabe quitte l’Afrique du Sud protégée par «une immunité diplomatique»

Le président zimbabwéen Robert Mugabe et sa femme Grace le 25 mai 2016 lors d'un meeting à Harare.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

La première dame zimbabwéenne, Grace Mugabe, a quitté l’Afrique du Sud, ce dimanche 20 août, sans encombre. C’est le groupe audiovisuel public zimbabwéen, ZBC, qui a annoncé, ce dimanche matin, le retour au Zimbabwe de l'épouse du président Mugabe. Grace Mugabe qui accompagnait, à Johannesburg, son mari au sommet de la SADC, est visée par une plainte d'un mannequin sud-africaine, d'une vingtaine d'années. Elle l'accuse de l'avoir frappée à coups de rallonge électrique alors qu'elle rendait visite à un de ses enfants dans un hôtel de Johannesburg. Grace Mugabe a bénéficié d'une immunité dipomatique que lui ont accordée les autorités sud-africaines.

Le couple présidentiel zimbabwéen a atterri tôt, ce dimanche, à Harare, coupant court au sommet de la SADC qui s’achève, aujourd’hui, à Pretoria.

Grace Mugabe a donc pu rentrer sans encombre malgré la plainte déposée contre elle en Afrique du Sud et les menaces de la police qui avait lancé une « alerte rouge » aux postes-frontière pour l’empêcher de quitter le territoire.

Une notice publiée samedi dans la Gazette Officielle et signée par la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, confirme que la première dame zimbabwéenne a finalement obtenu l’immunité diplomatique qu’elle réclamait.

On ignore également le détail de ce qui s’est joué, en coulisse, ces dernier jours. Un indice peut-être: vendredi soir, un avion de la compagnie Air Zimbabwe a été retenu au sol à l’aéroport OR Tambo de Johannesburg et samedi, c’est un appareil de la compagnie South African Airways qui a été empêché de décoller depuis Harare, officiellement pour une simple question de permis de vols internationaux.

Cependant, cette crise aérienne soulève bien des soupçons d’autant plus que les vols ont repris, dans la matinée de ce dimanche, au moment même où la première dame fait son retour au pays.

« On va demander un réexamen de la demande d'immunité »

L’équipe juridique de la plaignante, Gabriella Engels, a déclaré, ce dimanche matin, qu’elle étudiait de nouveaux recours contre Grace Mugabe.

« Elle est bouleversée comme n'importe quel être humain qui attendrait d'être protégé par les autorités de son pays lorsqu'il est agressé ou insulté, rapporte Me Willy Slies, l'un de avocats de Gabriela Engels. C'est humain d'être en colère quand vous êtes abandonné par votre gouvernement. Elle gère déjà tout ça, alors on doit l'aider, et c'est ce qu'on est en train de faire, que ce soit sur le plan émotionnel, psychologique ou juridique. »

Il ne compte pas en rester là : « Ce que l'on va faire, c'est que l'on va demander un réexamen de la demande d'immunité. La loi sud-africaine nous le permet. Cela signifie que la justice se met à la place de celui qui a pris la décision et juge s'il la prise de façon logique et légale. Nous, on est sûr que la décision n'a été prise de façon légale. A partir là, on est persuadé qu'on peut convaincre la cour d'annuler l'immunité dont jouit Grace Mugabe, souligne-t-il. »

De son côté, après le départ de Grace Mugabe, l'Alliance démocratique, principal parti de l'opposition sud-africaine, a demandé une enquête parlementaire immédiate sur le rôle du gouvernement dans ce qu'elle appelle « la fuite en pleine nuit de Grace Mugabe pour éviter une procédure criminelle ».