Maroc: 477 détenus graciés, mais aucun militant du Hirak

Le roi Mohammed VI, aux côtés de son frère le prince Moulay Rachid et de son fils Hassan III, à Tetouan le 29 juillet 2017.
© Handout / MAP / AFP

Le roi Mohammed VI a accordé sa grâce à 477 détenus de droit commun, a annoncé l’agence de presse marocaine. Aucun militant du Hirak n’a été concerné par cette mesure. L’annonce est intervenue après un discours du roi du Maroc donné à l’occasion de la fête nationale tourné essentiellement sur les enjeux diplomatiques.

Dans son discours de ce dimanche 20 août à l’occasion des 64 ans de la Révolution du roi et du peuple, la fête nationale marocaine, le roi Mohammed VI a longuement évoqué la diplomatie africaine du royaume chérifien. « Le choix du Maroc de se tourner vers l'Afrique n'a pas été le fruit d'une décision fortuite », a-t-il notamment affirmé, affirmant qu’il s’agissait de « l'aboutissement d’une méditation profonde et réaliste ».

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Evoquant plusieurs projets d’infrastructures en cours, notamment le projet de gazoducs qui doit relier le Maroc au Nigeria au large du littoral ouest-africain, il a assuré que le Maroc était engagé « à construire une Afrique sûre d'elle-même, solidaire, unie autour de projets concrets, ouverte sur son environnement ».

477 détenus grâciés

Mohammed VI n’a cependant eu aucun mot sur la politique intérieure. Cependant, dans la soirée, une dépêche l'agence de presse marocaine, la MAP, a annoncé que le roi avait accordé sa grâce à 477 détenus de droit commun. Malgré les attentes et les appels répétés, aucun activiste du mouvement de protestation Hirak qui secoue le Rif marocain depuis plusieurs mois, ne figure parmi les graciés.

Me Mohamad Zayan, avocat des détenus, espère cependant toujours un geste du roi, avant la grande fête de l'Aïd, dans dix jours. « J'espère, que la raison l'emportera face à l'entêtement », souligne l'avocat. Beaucoup s'attendaient également à ce que le monarque annonce le limogeage de personnalités jugées responsables de retards dans l'avancement des grands projets, notamment à Al Hoceima, épicentre de la contestation. Mais pas un mot là-dessus, non plus.

Les manifestants du Hirak accusés de séparatisme

Des manifestants du mouvement Hirak le 11 juin 2017 à Al Hoceima au Maroc. © AFP

« Logiquement, je m'attendais à ce que le roi accuse nominativement les responsables, à ce qu'il rectifie les erreurs », estime Me Mohamad Zayan. Le roi du Maroc a lui-même a reconnu la légitimité du mouvement mais, selon l'avocat du mouvement Hirak, il y aurait « d'autres raisons pour maintenir ces responsables à leur fonction ».

Officiellement, le pouvoir marocain maintient que les manifestants du Hirak ont porté atteinte à la sécurité de l'État. Ils sont également accusés de séparatisme. Raisons pour lesquelles les poursuites seraient maintenues.