Maroc-Europe: une coopération policière efficace dans la lutte antiterroriste

Un membre de l'unité d'élite du BCIJ marocain, spécialisé dans des enquêtes antiterroristes, le 14 septembre 2015.
© FADEL SENNA / AFP

Quatre fratries originaires du Maroc seraient au cœur des deux attentats qui ont touché la Catalogne. Deux suspects ainsi qu'un imam sont toujours activement recherchés et pourraient tenter de trouver refuge dans leur pays d'origine. Si les autorités chérifiennes restent muettes sur la coopération supposée de leurs services dans l'enquête en cours, elles ont déjà, par le passé, activement contribué à la traque de terroristes d'origine marocaine en Europe.

En novembre 2015, le Maroc annonçait avoir permis la localisation à Saint-Denis, en France, d'Abdelhamid Abaaoud, belgo-marocain, cerveau des attentats de Paris.

Dans la foulée, les autorités belges avaient demandé le concours du Maroc pour les aider à affiner leurs recherches pour remonter la filière de Molenbeek. Il faut dire que le royaume dispose d'une certaine expertise en la matière. Doté d'un puissant système de renseignement et de contre-espionnage, le Maroc avait démantelé en 2008 le réseau Belliraj - opérant depuis la Belgique - et soupçonné de préparer des attaques d'envergure au Maroc.

Pas d’attaque terroriste majeure au Maroc depuis six ans

La coopération antiterroriste entre la France et le Maroc avait été au cœur du réchauffement des relations diplomatiques entre Paris et Rabat en 2015, alors qu’un an plus tôt le patron du contre-espionnage marocain avait été convoqué à Paris pour des faits de torture contre un opposant politique. La brouille entre Paris et Rabat avait duré un an, mais a semble-t-il été écourtée par l'urgence pour Paris de reprendre langue sur le volet de la lutte antiterroriste, peu après les attaques de Paris.

Avec un arsenal législatif impitoyable à l'encontre des prétendants au jihad, le Maroc assure qu'aucun de ses ressortissants de retour des zones d'Irak ou de Syrie ne circule libre sur son sol. Une politique qui se veut ferme et qui, selon Rabat, a porté ses fruits puisqu'il est le seul pays de la région à ne pas avoir connu d'attaque terroriste majeure depuis six ans.