Afrique du Sud: la polémique autour de Grace Mugabe se poursuit

Le président zimbabwéen Robert Mugabe et sa femme Grace le 25 mai 2016 lors d'un meeting à Harare.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

En Afrique du Sud, le départ de Grace Mugabe, sous le coup d'une plainte en Afrique du Sud, a entraîné nombre de réactions en ce début de semaine. La première dame zimbabwéenne est accusée d'avoir agressé une jeune fille de 20 ans dans un hôtel de Johannesburg, le 13 août. Mais elle a finalement pu quitter l'Afrique du Sud une semaine plus tard, avec la bénédiction du ministère sud-africain des Affaires étrangères qui lui a accordé l'immunité diplomatique. Une décision qui soulève la controverse.

L'opposition sud-africaine de l'Alliance démocratique (DA) a demandé, dès dimanche, qu'une enquête parlementaire soit ouverte sur les événements qui ont permis à Grace Mugabe de quitter l'Afrique du Sud sans être inquiétée.

Une éventuelle convocation de la ministre des Affaires étrangères sera discutée prochainement au Parlement. Sa décision d'accorder l'immunité diplomatique à la première dame zimbabwéenne a été critiquée également par la confédération syndicale Cosatu, qui condamne une atteinte à la loi sud-africaine.

« Le gouvernement a le droit de vouloir maintenir de bons rapports avec les pays voisins, mais cela ne doit pas se faire aux dépens de nos citoyens », a relevé la centrale syndicale.

Même préoccupation du côté de l'ancienne médiatrice de la République. Thuli Madonsela a estimé que le président Robert Mugabe aurait dû s'excuser publiquement pour le comportement de sa femme.

« Les citoyens doivent savoir qu'ils sont protégés. Peu importe qui les blesse. Nos leaders doivent défendre ce droit », a-t-elle déclaré.

L'organisation Afriforum qui défend la jeune plaignante dans cette affaire, a annoncé, dimanche, son intention de faire annuler la décision du ministère des Affaires étrangère par une cour de justice. Les représentants de l'association espèrent au moins obtenir une interdiction de séjourner sur le territoire sud-africain contre Grace Mugabe.