Gambie : forcés de baisser leurs prix, les taxis se mettent en grève

Kairaba avenue, l'une des principales artères de Banjul, la capitale de la Gambie.
© RFI / Claire Bargelès

Les conducteurs de taxis gambiens sont en colère. Mais avec le changement de régime, ils osent désormais l'exprimer, via une grève. A l’origine de ce mouvement social : la décision du ministère des Transports de leur imposer une baisse des tarifs, entrée en vigueur ce lundi 21 août, qui a un effet direct sur leurs marges.

Depuis lundi, le trajet type à Banjul est passé de 8 à 7 dalasis (13 à 15 centimes d’euros). Le ministère gambien des Transports justifie cet ajustement tarifaire par la baisse récente du coût du carburant. Le gouvernement assure également avoir pris cette décision, après concertation avec tous les acteurs du secteur, pour « aider ceux qui n'ont pas les moyens de se déplacer ».

Mais une partie des chauffeurs de taxis considère que ces nouveaux tarifs sont injustifiés, et ils ont entamé un mouvement de grève, lundi, perturbant les déplacements autour de Banjul.

Une baisse qui pèse sur les faibles marges

Son taxi jaune est garé sur le bas-côté. Il y est resté tout ce lundi. Yusupha est de ceux qui ont décidé de faire grève toute la journée. Pour lui, qui gagne 1 500 dalasis par mois - soit l'équivalent de 30 euros -, une réduction d'un dalasi par trajet, ce n'est pas rien. « On ne se fait pas beaucoup d'argent. Alors ce dalasi en moins, ça nous fait perdre notre profit, c'est ce qui fait la différence », explique-t-il.

Conséquence immédiate de la grève : beaucoup de Gambiens ont dû prendre leur mal en patience, ce lundi, et attendre sous le soleil, sur le bord de la route, un taxi pour les emmener au travail. « C'est un problème pour nous. Cela fait une heure que j'attends là, et il n'y a toujours pas de voitures », vitupère Souleyman, qui veut prendre la route de Brikama, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Banjul. « C'est juste un dalasi de différence, et ils arrêtent de rouler ! », lâche-t-il, en colère.

Grève partiellement suivie

Le trafic n'était cependant pas totalement à l'arrêt, lundi, puisque certains taxis ont accepté les nouveaux prix. « Le gouvernement a déjà annoncé la mesure, et moi j'obéis toujours aux règles et aux lois du gouvernement », explique Ibrahim, qui a passé la journée au volant de son taxi, comme d’habitude. Et ce chauffeur fait sien l’argument des autorités : « Le prix du carburant a diminué ces derniers mois, alors que je comprends qu'ils baissent le prix des taxis. »

Les syndicats, eux, soutiennent ce mouvement d'humeur des chauffeurs de taxis. Kebba Ceesay, secrétaire général du Gambia Labour Congress, pointe notamment l’iniquité de la mesure, qui ne touche pas tous les secteurs. « Ils ne se concentrent que sur le secteur des transports. Le carburant, ça peut augmenter n'importe quand. Ça augmente et ça diminue. Alors ça n'a pas beaucoup de sens de réduire les prix en se basant sur ça », juge le syndicaliste.

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