Inondations en Sierra Leone: comment expliquer l'ampleur de la catastrophe?

A flanc de colline à Freetown, les maisons ont souvent remplacé la forêt.
© RFI/Stéphanie Aglietti

Dans la nuit du 13 au 14 août, des inondations ont fait près de 500 morts et des centaines de disparus en Sierra Leone. Après trois jours de pluies diluviennes, un pan de colline s'est effondré, emportant tout sur son passage. Le pays a un des taux de précipitation les plus élevés d'Afrique et est régulièrement touché par des inondations meurtrières. Mais les autorités reconnaissent n'avoir jamais eu à faire à un tel désastre et se disent débordées. Une ampleur qui peut en partie s'expliquer par la déforestation et l'urbanisation galopante de Freetown.

Sur le flanc d'une colline dans une zone touchée par un glissement de terrain meurtrier la semaine dernière, là où autrefois la forêt était luxuriante, des dizaines de maisons sont accrochées. Un paysage que l'on retrouve en de nombreux endroits à Freetown et qui pour ce responsable d'une ONG locale, explique cette catastrophe selon lui prévisible :

« La déforestation, la multiplication des constructions, fragilise l'environnement et le rend vulnérable aux inondations et met les populations en danger », estime-t-il.

Un peu plus en amont, dans une autre zone touchée, beaucoup comme Jefferson, pointent aussi la responsabilité humaine :

« D'une certaine manière, nous, la population, avons une part de responsabilité. Nous savions que cet endroit n'était pas fait pour des habitations. Ce que nous attendons du gouvernement, c’est qu'il fasse respecter la loi », explique-t-il.

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A la suite d'importantes inondations en 2015, des habitants avaient été relogés, mais loin des limites de la cité et donc de leurs moyens de subsistance. L'expérience a fait long feu. « Le dispositif était très mal organisé », déplore Joseph Macarthy, codirecteur du centre de recherche urbain de Sierra Leone qui espère que les choses vont changer :

« Nous espérons que le gouvernement va tirer des leçons de ce qui s'est passé. Nous voulons vraiment voir plus de signes visibles de son action au lieu de simplement donner des excuses et de demander aux gens de prier lorsqu'une catastrophe se produit », s’indigne-t-il.

Le porte-parole de la présidence sierra-léonaise dément tout manque de volonté politique et a lancé un appel à l'aide internationale pour trouver une solution durable de relogement pour les populations vivant dans les zones à risque.