Au Togo, l'opposition cherche à faire la «jonction» contre Faure Gnassingbé

Le président togolais Faure Gnassingbé a été réélu pour un troisième mandat en 2015. Il avait succédé en 2005 à son père, Gnassingbé Eyadema.
© ISSOUF SANOGO / AFP

La répression de la marche du Parti national panafricain (PNP), samedi 19 août, continue de faire polémique au Togo. Les autorités affirment que des armes ont été saisies du côté des manifestants. L’opposition, elle, veut capitaliser sur la dynamique enclenchée.

Deux morts, près de 77 blessés, 250 personnes interpellées et déférées à la prison civile de Lomé. C'est le bilan de la répression de la marche de samedi 19 août, selon des sources proches de Tikpi Atchadam, à l’initiative de la manifestation réclamant notamment la limitation du nombre de mandats présidentiels.

Par ailleurs, lundi 21 août, via un communiqué de la présidence de la République, le ministère togolais de la Sécurité et de la Protection civile a pour sa part indiqué que des armes avaient été saisies dans les mains des manifestants de samedi.

Appel du PNP à l'union de l'opposition

Côté opposition, on veut capitaliser sur la dynamique de samedi. Tout est parti de l’appel de Tikpi Salifou Atchadam, le leader du PNP, appelant toute l’opposition à « l’unicité d’action ». Un appel que les deux principaux regroupements de partis de l’opposition togolaise ne refusent pas.

D’abord, le « groupe des six » répond favorablement à cet appel. Cette coalition de l'opposition - dans laquelle on retrouve les Forces démocratiques pour la République (FDR), le Parti des Togolais, Les Démocrates (parti de l'ancien député Nicodème Habia), le Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD), l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI) et Togo autrement, estime que l’unicité d’action est la seule stratégie qui puisse permettre à l’opposition de recréer des rapports de force favorables.

« L’appel de Tikpi Atchadam vient à point nommé », estime Paul Dodji Apévon. Pour le leader des FDR, la mobilisation de samedi denier « a commencé à montrer à tous les Togolais que les Togolais ne sont pas si fatigués, comme on le prétend, et qu’ils sont prêts aujourd’hui à redescendre dans la rue pour revendiquer ce qui est réellement la nécessité pour nous tous, c’est-à-dire la réalisation des réformes. »

« Il est temps »

Brigitte Adjamagbo-Johnson, coordinatrice de Cap 2015, a la même analyse. « Nous sommes arrivés à un stade où, de plus en plus, on voit que le peuple est déterminé à en finir avec ce régime qui a duré plus de 50 ans », juge Brigitte Adjamagbo-Johnson.

« En finir, cela suppose qu’il y ait une jonction entre les forces démocratiques qui poursuivent le même but », martèle-t-elle, ajoutant que, pour l’opposition, « il est temps de se mettre ensemble pour maintenir cette dynamique et concevoir la manière de mener le combat à terme ».

CAP 2015 et le PNP doivent animer ensemble une conférence de presse, ce mardi 22 août.