Angola: l'élection vue du bidonville «natal» du président dos Santos

Une rue du bidonville de Sambizanga, à Luanda, avant le vote du 23 août 2017.
© RFI/Sonia Rolley

En Angola, plus de 9 millions d'électeurs sont appelés aux urnes ce mercredi 23 août pour élire leurs députés. Le parti qui obtiendra le plus de sièges décrochera aussi la présidence. Après 38 ans au pouvoir, José Eduardo dos Santos a renoncé à briguer un nouveau mandat. Comment aborde-t-on cette élection dans les quartiers populaires de Luanda ?

Dans les rues de Sambizanga, pour l'essentiel, l'on croise des habitants qui n'ont connu au pouvoir que José Eduardo dos Santos. Aucun n'a l'air d'avoir plus de 40 ans. Dans ce quartier qui est officiellement le quartier natal du président sortant, à chaque pluie, des maisons s'effondrent. Un quartier populaire près de l'imposant port de Luanda, qui devient un vrai bidonville sur les hauteurs.

« 100 % des Angolais ne travaillent pas. Oui, 100 % », insiste cet habitant soutien du MPLA. « Rien ne va. Le gouvernement du MPLA n'a rien fait pour nous », rétorque de son côté un partisan de l’Unita. Ils sont trois jeunes avec chacun son parti : le MPLA, bien sûr, et ses deux rivaux, l'Unita, l’opposition historique, et la toute jeune coalition Casa-Ce qui séduirait les jeunes urbains.

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A quelques mètres de là, de gigantesques bannières du MPLA. Le partisan de la Casa-Ce se moque. « Ils ont décoré les rues comme si c'était Noël. C'est ce qu'ils appellent la fête de la démocratie, ironise-t-il. Moi je suis né dans le MPLA et je suis en train de vieillir dans le MPLA. »

Le militant du MPLA s'énerve : « C'est une démocratie avec plusieurs partis, le MPLA, la Casa-Ce et l'Unita. Le MPLA a pu faire sa campagne, l'Unita fait sa campagne, la Casa-Ce fait sa campagne. L'élection est libre parce que le vote est secret », souligne-t-il. Tous se disent d'ailleurs prêts à aller voter ce mercredi.

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