Sierra Leone: prévention contre les maladies après les inondations

Dans un centre d’accueil d’urgence de Pentagon à Freetown, le 23 août 2017.
© RFI/Stéphanie Aglietti

A Freetown, dix jours après les inondations qui ont fait près de 500 morts et des centaines de personnes portées disparues, les secouristes tentent toujours de retrouver des corps sous l'amas de boue et de pierres qui a balayé des quartiers entiers après l'effondrement d'un pan de colline. La catastrophe a aussi fait des milliers de sans-abris auxquels il faut venir en aide. Ils sont hébergés dans des centres d'accueils d'urgence souvent surpeuplés ou chez des proches. Mais les habitants des quartiers touchés sont désormais face à une nouvelle menace : le risque de propagation de maladies telles que le choléra qui est endémique dans le pays.

Mégaphone à la main, des fonctionnaires du ministère sierra-léonais de la Santé parcourent le quartier de Pentagon, à Freetown, une zone gravement touchée par une coulée de boue meurtrière lundi 14 août.

« Il y a des gens qui ont été ensevelis par le glissement de terrain qui s'est produit en haut de la colline donc l'eau qui arrive ici est contaminée. C'est pourquoi nous leur disons de ne pas la boire et de ne rien laver ni cuisiner avec », expliquent-ils.

Leur crainte : l'apparition de cas de choléra, maladie qui se transmet notamment par une eau contaminée. Les habitants, désormais privés de leur principale source d'approvisionnement, sont invités à récolter l'eau de pluie tandis que les ONG installent des réservoirs et creusent des latrines.

« Si le choléra vient s'ajouter à ça, ce sera un véritable chaos »

Pendant ce temps des agents de santé communautaires font du porte-à-porte. Ils sensibilisent les populations aux réflexes d'hygiène de base, comme se laver les mains régulièrement et nettoyer avec attention les fruits et légumes. La prévention est cruciale, explique Emma Vincent, membre du personnel de l'Unicef : « La dernière fois que l'on a eu une épidémie de choléra, en 2012, il y a eu environ 300 morts. Un seul cas de choléra est une urgence. Ça se propage de famille en famille, très rapidement. Et là, nous sommes déjà en situation d'urgence. Donc si le choléra vient s'ajouter à ça, ce sera un véritable chaos ».

Dans une cabane de tôle, une jeune mère de trois enfants écoute avec attention les conseils. Même si, comme beaucoup, ce n'est pas la première fois qu'elle les entend. « On nous avait déjà dit ça lors de l'épidémie d'Ebola », se souvient-elle.