Afrique du Sud: la famille Gupta encore loin d'avoir quitté les affaires?

Des manifestants brandissent un portrait d'un des frères Gupta, au Cap, le 7 avril 2017.
© Wikimedia Commons / Discott

La famille Gupta, proche de Jacob Zuma, vient d'annoncer la cession de plusieurs de ses entreprises sud-africaines. Cette riche famille indienne est sous pression après une série de révélations sur ses liens avec le pouvoir et à la fuite de centaines de courriels, les « Guptaleaks », mettant en évidence ses activités suspectes. Les quatre plus grosses banques du pays ont fermé les comptes des Gupta il y a plusieurs mois, mettant en péril leurs activités. Les racheteurs sont donc soupçonnés de n'être que des prête-noms qui permettront à la puissante famille de poursuivre ses activités opaques sans être inquiétée.

C'est pour « sauver les emplois » et « nettoyer leur nom injustement sali par les médias » que la famille Gupta a décidé de se séparer de son empire médiatique et de ses activités minières.

On a appris lundi que la télévision ANN7 et le journal The New Age, tous deux propriétés des Gupta, avaient un acquéreur, et pas n'importe lequel : il s'agit de Mzwanele Manyi, un ancien porte-parole du gouvernement, connu pour son soutien affiché à la fratrie indienne.

Plus troublant encore, c'est la famille Gupta elle-même qui a accordé le prêt de 30 millions d'euros nécessaire à cette acquisition, sans qu'on sache très bien comment Mzwanele Manyi compte les rembourser.

« La blague du siècle »

Dans un communiqué, le leader du parti EFF (Combattants pour la liberté économique), Julius Malema, a estimé que cette transaction est « la blague du siècle » et il a condamné des « activités criminelles ».

Mercredi, les soupçons se sont encore accentués lorsque la famille Gupta a annoncé la vente de sa compagnie minière Tegeta à Charles King SA, une mystérieuse société basée en Suisse.

Non seulement le prix de vente - moins de 200 millions d'euros - semble dérisoire pour une compagnie minière de cette ampleur, mais la presse sud-africaine a aussi révélé que le propriétaire de la société Charles King SA a déjà servi de prête-nom à la famille Gupta par le passé.

Autant d'indices qui semblent indiquer que la fratrie indienne est encore loin d'avoir quitté les affaires en Afrique du Sud.