Cameroun: à Gakara, la population face aux incursions répétées de Boko Haram

Un policier camerounais en septembre 2016, dans la province de Kourgui, dans l'extrême nord du pays, soumis aux incursions de Boko Haram.
© REINNIER KAZE / AFP

Un attentat a fait au moins onze morts dans la nuit du jeudi 24 au vendredi 25 août, à Gakara, dans l'extrême-Nord du Cameroun. Selon la municipalité, des éléments de Boko Haram se seraient introduits dans cette localité située à la frontière nigériane pour s'en prendre à la population. Depuis 2014, une partie de la population a fui la ville, cible régulières d’attaques du groupe jihadiste.

Les hommes de Boko Haram sont arrivés dans la nuit, en provenance du Nigeria voisin. Ils ont investi Gakara, ont brûlé des maisons et ont tué au moins onze personnes, selon la municipalité. Et cette attaque n’est pas la première que subit la population de cette commune de quelques milliers d’habitants situées à quelques encablures de la frontière avec le Nigeria, sur la route qui relie Maiduguri, au Nigeria, à Maroua, au Cameroun.

Un lieu de passage pour Boko Haram

Selon l’un des conseillers municipaux de Gakara, joint par RFI, la ville est devenue un lieu de passage pour les éléments de Boko Haram, qui traversent régulièrement la frontière nigériane et multiplient les exactions sur la population.

Au mois de mars, une cinquantaine d'habitations avaient déjà été pillées, et certaines brûlées. En mai, deux personnes avaient été enlevées dans un nouveau raid.

Les autorités de la commune ont donc demandé l'intervention de l'armée. Pour Abba Tipoué, conseiller municipal de Gakara, la population le paye aujourd'hui cet appel aux autorités camerounaises. Il parle même de vengeance. « Certaines nuit, l’armée vient dans cette localité de Gakara. La chance a fait que, quand ils sont venus, ils ont croisé un groupe de Boko Haram. L’armée a massacré ces éléments », raconte l’édile.

Raids de vengeance

Mais, « maintenant, ils se sont opposés à la population de Gakara », juge Abba Tipoué, qui explique avoir demandé aux habitants de la ville de quitter leurs maisons. Face aux incursions répétées de Boko Haram, « il faut qu’ils dorment en brousse », assure-t-il.

L’armée camerounaise est « rapidement intervenue » à l'appel du comité de vigilance du village du conseil municipal, selon Abba Tipoué, et les éléments de Boko Haram auraient fui.

Depuis 2014, face à la situation, plusieurs centaines d'habitants ont quitté Gakara. Les autres, ceux qui restent, n'ont pas les moyens de fuir. La seule chose qu'espère la municipalité, maintenant, c'est que l'armée stationne en permanence à Gakara, pour sécuriser la frontière.

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