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Burkina Faso

Attaque au Burkina: la gendarmerie lance un appel à témoins

Les forces de sécurité burkinabè sur les lieux de l'attaque du dimanche 13 août à Ouagadougou.
© EUTERS/Hamany Daniex

Au Burkina Faso, près de deux semaines après l'attentat, le 13 août dernier, contre le café Aziz Istanbul, à Ouagadougou, la justice burkinabè lance un appel à témoins, en vue d’identifier les deux terroristes qui ont été abattus pendant l’assaut. Leurs portraits robots et leur signalement sont diffusés sur plusieurs médias et réseaux sociaux. L’attaque avait fait 19 tués et n’a toujours pas été revendiquée.

Les portraits robots des deux assaillants tués durant l'intervention des forces de sécurité, suite à l'attentat contre le café Aziz Istanbul, sont diffusés sur les antennes des médias et sur les réseaux sociaux.

Ces portraits sont accompagnés de signes qui permettraient de les reconnaitre, à savoir la taille, couleurs des yeux et cheveux, morphologie du visage, couleur de la peau, forme du menton et corpulence. Tous ces signes ont été mis à la disposition du public.

La gendarmerie nationale lance cet appel à témoins et prie toute personne les ayant aperçus ou qui aurait des informations sur eux de contacter les forces de sécurité. Selon une source sécuritaire, hormis leurs armes, aucun document, ni aucun objet n'ont été retrouvés sur les terroristes, après l'assaut.

À l'heure actuelle, aucune image des deux assaillants, avant l'attaque, n'est disponible et la gendarmerie refuse la publication de leurs images après l'assaut, ce qui rend très difficile leur identification. D'où, cet appel à témoin à toute personne qui aurait « rencontré » ou « parlé » à l'un d'eux ou à toute personne ayant aperçu ensemble deux jeunes gens correspondant aux signalements diffusés avant l'attaque, d'informer les services de sécurité.

L'objectif de cette manœuvre est d’abord de les identifier clairement, ensuite de retracer leur parcours sur le territoire burkinabè et enfin de remonter tout leur circuit.

Absence de revendication

A l'heure actuelle, il n'y a toujours pas de revendication, ce qui rend difficile le travail des enquêteurs sur place à Ouagadougou. Même si, précise une source sécuritaire, « l'enquête n'est pas seulement braquée sur la revendication ». Mais une revendication aurait permis à l'enquête d'avancer, reconnait tout de même notre source. Les spécialistes des questions sécuritaires trouvent d'ailleurs « curieux » la non-revendication de l'attaque.

Pour Abdoul Karim Saidou, enseignant-chercheur à l'université Ouaga 2, cette non-revendication pourrait être le signe d'une « divergence » entre les membres du groupe ayant commandité l'attentat. « L'attentat a couté la vie à deux imams, prédicateurs musulmans et le restaurant fonctionnait sur les principes de la religion musulmane » fait savoir Abdoul Karim. « Ce n'est pas une cible ordinaire » conclut le chercheur.

Enquête au point mort ?

Une autre piste, celle des « loups solitaires ». L'attaque pourrait être l'œuvre également de loup solitaire ayant obéit aux appels de l'organisation Etat islamique, qui demandaient à ces adeptes de s'attaquer à des cibles selon Abdou Karim Saidou. Les deux terroristes pourraient avoir agi de leur propre chef.

Deux semaines après l'attaque du café restaurant Aziz Istanbul, il n y a toujours « pas d'avancée substantielle au niveau de l'enquête », selon une source proche du dossier. La preuve, l'appel à témoins lancé par les services de sécurité à l'aide de portraits-robots. Les enquêteurs cherchent toujours des informations sur les deux terroristes abattus le 14 aout dernier.

Les mouvements jihadistes seraient-ils dans une forme de gêne pour revendiquer un attentat qui a coûté la vie à deux éminents prédicateurs salafistes arrivés le même soir au Burkina Faso ?

Bakary Sambe
27-08-2017 - Par Léa-Lisa Westerhoff

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