Mauritanie: série d’interpellations dans le milieu de la presse

Journaux mauritaniens (Photo d'illustration).
© AFP / Seyllou

En Mauritanie, la presse est à nouveau dans le collimateur du pouvoir. Quatre journalistes ont été interpellés et longuement interrogés par la Direction de répression des crimes économiques avant d’être libérés, vendredi 25 août. Parmi eux, Babacar Mbaye Ndaye, rédacteur en chef du site d’information francophone Cridem ainsi que sa directrice administrative, Rella Ba. Ont également été interpellés Jeidna Deida, journaliste indépendant ainsi que le rédacteur en chef du Quotidien de Nouakchott, Moussa Samba Sy. Ahmed Ould Cheikh, du journal Le Calame, a également été convoqué, vendredi. Aucune raison officielle n'a été fournie. En un an, c'est la troisième fois que des journalistes sont interpellés. Joint par RFI, Mamoudou Sy, président du Regroupement de la presse mauritanienne, s'insurge contre ces arrestations sans motifs qu'il qualifie d'atteintes délibérées à la liberté de s'exprimer et d'informer en Mauritanie.

En 25 ans d’existence, nous n’avons jamais vécu une censure aussi difficile.
Mamoudou Sy
26-08-2017 - Par Léa-Lisa Westerhoff

Vendredi également, les secrétaires généraux de deux centrales syndicales, la Confédération libre des travailleurs de Mauritanie (CLTM) et la Confédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM) ont également été interrogés par les services de sécurité. Ils sont sortis libres après avoir répondu aux questions des enquêteurs sur leurs sources de financement ainsi que leurs liens avec l’ex-sénateur frondeur Mohamed Ould Ghadde et avec l’homme d’affaires Mohamed Ould.