Inondations en Sierra Leone: des survivants qui manquent de tout

A flanc de colline à Freetown, les maisons avaient souvent remplacé la forêt, au péril de la stabilité des terrains.
© RFI/Stéphanie Aglietti

Freetown, la capitale de la Sierra Leone, est toujours en situation d’urgence après les inondations et les glissements de terrain qui ont fait plus de 500 morts, en début de semaine dernière. Quelque 800 personnes sont toujours portées disparues et les autorités estiment qu’environ 6 000 personnes ont été directement affectées par la catastrophe. De nombreuses habitations ont en effet été détruites et ceux dont la vie a été épargnée ont souvent tout perdu et vivent dans des conditions extrêmement précaires.

Dans un centre d’accueil d’urgence de Freetown, Florence fait la queue pour recevoir des biens de première nécessité. Cette étudiante de 21 ans a perdu ses oncles et sa sœur lorsque le torrent de pierres et de boue a emporté sa maison la semaine dernière. Depuis, elle est hébergée par un ami.

« J’ai besoin de plein de choses. J’ai besoin de livres, d’une maison, d’un toit. J’ai besoin de vêtements. Je sais bien que cela ne pourra jamais effacer la perte de mes proches mais avec l’aide de Dieu j’espère recevoir de la compassion », lance-t-elle.

L'estomac crie famine

Tee-shirt et pantacourt en jean, Samoura, 35 ans, est un autre rescapé. Il vit dans la petite école qui sert de centre d’accueil. Chaque nuit, faute de place disponible, il dort à l’extérieur sous un petit auvent et en ce début d’après-midi, son estomac crie famine.

« On a eu à manger hier, vers 19h00, mais depuis ce matin, nous n’avons rien eu. Parfois, certains n’ont même rien à manger. Il n’y a pas assez de nourriture », témoigne-t-il. Une mère de famille sort de la foule frustrée : « Ils m’ont donné des couches pour bébé mais pas à manger », soupire-t-elle.

Pas d'accès à l'aide humanitaire

Devant le bureau de l’Office national des services de secours, quatre jeunes, l’air un peu perdu, expliquent n’avoir pas toujours réussi à se faire enregistrer dans un centre d’accueil. Plus de dix jours après le drame, ils n’ont donc toujours pas eu accès à l’aide humanitaire.

« Revenez avec votre chef de quartier pour prouver que votre maison a été détruite », leur rétorque un responsable, visiblement débordé.