Au Kenya, «la police a fait preuve d’une grande violence», selon HRW

Un policier à Kisumu, le 12 août dernier, lors des manifestations des partisans de Raila Odinga, candidat malheureux à la présidentielle au Kenya.
© REUTERS/James Keyi

L’ONG Human Rights Watch dénonce un usage excessif de la force par la police kényanne lors des manifestations des partisans de Raila Odinga après l’annonce des résultats des élections du 8 août dernier au Kenya. Selon l’ONG, la majeure partie des violences policières a été observée dans la région de Kisumu, réputée fidèle à l’opposition.

Alors que la Cour suprême kenyane a commencé ce lundi à examiner les recours déposés par l'opposition, l’ONG Human Rights Watch a publié ce dimanche 27 août une série d’observations sur les violences qui ont émaillé les jours qui ont suivi le scrutin du 8 août dernier. Raila Odinga, candidat de l’opposition, conteste la réélection du président Uhuru Kenyatta. Les chiffres officiels créditent ce dernier de 54% des voix, mais l'opposant affirme que le scrutin est entaché par des fraudes.

Human Rights Watch a compté au moins douze morts et plus d'une centaine de blessés. « La police a fait preuve d'une grande violence. Au moins 100 personnes ont été sérieusement blessées après avoir été battues. Et les policiers ont également tiré à balles réelles, non seulement sur des manifestants mais aussi au cours d'opérations de recherches maison par maison », détaille Jehanne Henry, de HRW à Nairobi.

« Nous avons recueilli des témoignages concernant la mort d'un bébé de quelques mois, des personnes tuées dans le dos et cela nous amène à penser que le nombre de victimes pourrait être plus élevé car les habitants ont peur de signaler ces violences. Nous avons compté plus de cent blessés mais beaucoup d'entre eux n'ont pas osé se rendre au commissariat pour en parler, parce que les policiers étaient justement les auteurs de ces violences ! Plusieurs femmes ont également raconté avoir subi des violences sexuelles mais ont peur d'en parler publiquement », a-t-elle ajouté.

Jehanne Henry insiste sur le fait que, lors de ces opérations, « la police était à la recherche de protestataires et parfois simplement de n'importe quel homme habitant la maison ». La porte-parole de Human Rights Watch affirme également que « des policiers ont aussi demandé aux habitants de leur donner de l'argent, ils ont volé des téléphones et d'autres appareils électroniques une fois les habitants partis ».

La porte-parole de l’ONG souligne que si les premiers témoignages relayés par HRW portent essentiellement sur la région de Kisumu, « nous sommes en train de faire des recherches sur ce qui s'est passé ailleurs au Kenya, notamment à Nairobi », et les premières remontées font dire à Human Rughts Watch que des « schémas similaires » ont d‘ores et déjà été noté dans d’autres régions.

L'Autorité de surveillance de la police a commencé à enquêter sur certaines de ces allégations. Human Rights Watch appelle les autorités kenyanes à aller jusqu'au bout des investigations et engager des poursuites contre les responsables de violences.

Ce lundi 28 août, la police a de nouveau été déployée en grand nombre en prévision de nouvelles manifestations, à l'occasion de la procédure enclenchée par l’opposition devant la Cour suprême.

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