Présidentielle au Kenya: recours de l’opposition examiné par les juges

Le portrait du leader de la coalition de l'opposition Raila Odinga, brandi par ses suporters dans le bidonville de Mathare, le 13 août 2017.
© REUTERS/Siegfried Modola

Au Kenya, vingt jours après la présidentielle du 8 août, les sept juges de la Cour suprême ont commencé, ce lundi 28 août, l'examen des recours. Ainsi, ils accèdent à l'une des demandes de l'opposition, à savoir l'accès aux serveurs informatiques de la Commission électorale. Raila Odinga conteste la réélection du président Uhuru Kenyatta. Selon les chiffres officiels, le chef de l'Etat sortant est crédité de 54% des voix. Son opposant crie à la fraude. Les sept juges de la Cour ont jusqu'au vendredi 1er septembre pour rendre un avis définitif. Les juges ont entendu, ce lundi, les avocats de l’opposition et de la Commission électorale (IEBC).

La journée a commencé par une victoire pour Raila Odinga. La Cour suprême a en effet autorisé l’opposition à avoir accès aux serveurs informatiques de la Commission électorale mais aussi aux données GPS des kits de transmission des résultats, ainsi qu’aux procès-verbaux originaux.

C’est une bonne nouvelle pour l’équipe légale de l’opposant qui assure que le système informatique de l’IEBC a été piraté et que les résultats annoncés par la commission électorale ne correspondent pas à ceux des procès-verbaux.

L’avocat James Orengo, un proche de Raila Odinga connu pour représenter la ligne dure du parti, a été le premier à défendre le dossier.

« Nous attendons le jour où l’opposition pourra accepter la défaite en sachant que les élections ont été crédibles », a-t-il déclaré.

Ses collègues ont ensuite listé de nombreuses irrégularités dans le processus électoral, accusant certains ministres d’avoir intimidé des votants, et assurant que les résultats auraient été altérés à l’aide d’une formule mathématique.

Ces allégations ont été rejetées, point par point, par les avocats de l’IEBC. La défense dénonce des « accusations fantaisistes », demande des preuves et pointe le manque de précision du dossier de l’opposition.

La séance a été ajournée à 20h, ce lundi, et demain, ce sera au tour des avocats de Uhuru Kenyatta de présenter leur défense.