Paris accueille un mini-sommet euro-africain sur la crise migratoire

A Rome, la police utilise un canon à eau à l'occasion de heurts avec des réfugiés occupant un square dans le centre de la capitale italienne, le 24 août 2017.
© REUTERS/Yara Nardi

Un sommet sur l'immigration s'ouvre ce lundi après-midi à l'Elysée. Le président Macron recevra ses homologues tchadien, Idriss Déby, et nigérien, Mahamadou Issoufou. Invités également, la chancelière allemande Angel Merkel, la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, le président du conseil italien Paolo Gentiloni, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy ainsi que le chef du gouvernement d'Union nationale de Libye, Fayez Al Sarraj. Un sommet qui intervient alors que cet été, Emmanuel Macron a souhaité la création de hotspots en Afrique, des centres d'enregistrement des demandeurs d'asile pour limiter les flux migratoires illégaux, les morts en méditerranées et les détentions inhumaines de migrants en Libye. Une annonce controversée et problématique.

Les ambitions d'Emmanuel Macron sur le dossier migratoire vont-elles rester aussi élevées ? Cet été le président français avait annoncé la fin des campements de rue d'ici 2018, la réduction des délais de traitement des dossiers mais surtout, à la surprise générale, l'ouverture prochaine de hotspots en Libye. Vu la situation sécuritaire dans le pays, l'Elysée avait rectifié le tir et finalement parlé de hotspots au Niger et au Tchad.

Mais ces centres verront-ils le jour ? Par sûr. « Nous sommes contre ce projet qui risque de créer un appel d'air. Des milliers de candidats à l'immigration viendront chez nous », explique Hissein Brahim Taha, le ministre tchadien des Affaires étrangères. Selon lui, deux missions françaises sont venus à Ndjamena ce mois-ci. Dont une de l'Ofpra, l'Office de protection des réfugiés.

« Nous avons parlé des 400 000 réfugiés installés sur notre territoire. La mission voulait voir comment les aider à se réinstaller, s'ils avaient droit à l'asile, lesquels étaient les plus vulnérables. Nous n'avons pas parlé de hotspots », explique Hissein Brahim Taha.

L'idée des hotspots s'éloigne

Des diplomates français sont venus à leur tour « pour voir comment nous aider à sécuriser la frontière avec la Libye », indique le ministre. Difficile de savoir ce qui va ressortir du sommet, mais l'idée des hotspots semble s'éloigner. L'organisation Human Rights Watch s'attend, elle, à des platitudes et à une réaffirmation des politiques migratoires existantes.

La frontière nord du Tchad, porte d’entrée en Libye, est un vaste territoire désertique où culmine une chaîne de montagne. C’est dans ce « no man’s land » utilisé par les passeurs pour faire entrer les migrants venant d’Afrique de l’ouest en Libye que la France avait annoncé l’installation de hotspots. Ndjamena solliciterait plutôt un appui pour assurer la surveillance de ce vaste territoire où se côtoient trafiquants, passeurs, rebelles et chercheurs d’or.

Par ailleurs, à l'occasion d'un discours devant tous les ambassadeurs de France réunis à l'Élysée, Emmanuel Macron devrait annoncer la création d'un Conseil présidentiel pour l'Afrique (CPA) mardi. Ce panel devrait compter des personnalités de haut niveau, notamment de la société civile africaine afin de proposer des initiatives pour rapprocher la France de l'Afrique.


L'Italie veut demander plus de soutien

Pour le moment, les relations étroites nouées entre Rome, le chef du gouvernement libyen d’union nationale, et les communautés du sud de la Libye, semblent porter leurs fruits. Les débarquements ont diminué de 72% au mois d’août. Autrement dit : 3 168 arrivées contre 21 294 à la même période en 2016.

Mais le président du Conseil Paolo Gentiloni ne présentera pas seulement avec des chiffres encourageants lors du mini-sommet sur la crise migratoire qui s'ouvre à Paris. L’Italie, qui a accueilli plus de 600 000 migrants depuis 2014, va réitérer sa demande de partage des réfugiés en Europe, et insister sur la nécessité d’engagements plus conséquents en faveur des pays de transit et d’origine des migrants et réfugiés.

Concernant la situation, insoutenable, dans les centres de rétention libyens, Rome, dont la politique de fermeté est très critiquée par les associations humanitaires, mise avant tout sur l’intervention des organisations des Nations unies.

Ecoutez aussi notre Invitée Afrique, Judith Sunderland: «L'idée de faire des hotspots en Libye est insensée» (par Sébastien Nemeth)

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.