Sierra Leone: l’impact de l’épidémie d’Ebola sur la participation politique

Des survivants de l'épidémie d'Ebola dans une clinique de santé, à Freetown, le 6 octobre 2014.
© Reuters/Umaru Fofana

En Sierra Leone, un consortium d’instituts de sondage, Afrobaromètre, a commandé une étude sur les conséquences de l’épidémie d’Ébola sur la participation politique. Le résultat est clair, il y a bien un lien entre l’engagement, la participation à la vie publique et l’épidémie d’Ébola qui a fait près de 4 000 morts et 14 000 cas de contamination dans le pays.

Selon l'étude Afrobaromètre, plus une personne a été touchée, de près ou de loin, par l’épidémie d’Ebola, plus sa participation à la vie politique diminue. Les personnes exposées au virus sont donc moins susceptibles de participer à des discussions politiques ou encore d’entreprendre des actions collectives avec les autres citoyens, comme des manifestations.

En moyenne, l’exposition à Ebola fait diminuer la participation politique de 25%. On remarque aussi une baisse significative de cette participation entre le début et la fin de l'épidémie. L’enquête, en effet, s’intéresse aussi au taux d'abstention lors des élections de 2012.

Une telle baisse est dûe, selon cette étude, à un facteur psychologique. En effet, un choc tel qu’une épidémie diminue l'extraversion et l'ouverture aux autres, des personnes concernées.

Pour ceux qui ont mené cette enquête, cela démontre que l'impact d'une telle épidémie peut aller bien au-delà des conséquences immédiates sur la santé. Elle peut aussi avoir des conséquences politiques. Une catastrophe de ce type peut donc avoir plus de poids que certains conflits ou certaines catastrophes naturelles, sur la démocratisation d'un pays ou sur les relations sociales et politiques.