Terrorisme et migration, les deux priorités africaines d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron et les membres de son nouveau Conseil présidentiel pour l'Afrique, ce mardçi 29 août 2017 à l'Élysée.
© REUTERS/Yoan Valat/Pool

Le président français a livré ce mardi 29 août les grandes lignes de sa politique étrangère lors du traditionnel discours du chef de l’État français aux 170 ambassadeurs de France dans le monde. Qualifiant l’Afrique de « continent d’avenir », Emmanuel Macron a fixé ses priorités : lutte contre le terrorisme et lutte contre l’immigration clandestine.

Sans grande surprise, le président français est revenu sur les deux principales priorités de sa politique étrangère mais aussi africaine, celle de lutter contre le terrorisme et de réduire l'ampleur de l'immigration clandestine.

Première priorité : la lutte contre le « terrorisme islamiste »

Pour ce qui est du terrorisme, d'abord, Emmanuel Macron affirme qu'il faut concentrer les efforts de la diplomatie française sur la Syrie et l'Irak bien sûr, mais aussi la Libye et le Sahel, les deux foyers du terrorisme sur le continent africain. « La lutte contre le terrorisme islamique » est la « première priorité » de sa feuille de route diplomatique, a affirmé le président français.

« Oui je parle bien d'un terrorisme islamiste et j'assume parfaitement l'emploi de cet adjectif », a-t-il par ailleurs insisté. « Car rien ne serait plus absurde que de nier le lien entre les actes terroristes que nous vivons et une lecture à la fois fondamentaliste et politique d'un certain islam. L'angélisme n'est pas de mise à cet égard. »

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Pour cela pas beaucoup d'annonces concrètes, mais Emmanuel Macron dit vouloir associer une approche sécuritaire et de développement économique de ces zones. Exemple au Mali, avec l'engagement militaire français d'un côté mais qui ne suffit pas, « il faut faire plus », dit le président français sur la mise en place de l'accord de paix d'abord, mais aussi le développement. Il a donc annoncé ce matin la nomination d'un envoyé spécial chargé de la sécurité et du développement du Sahel sans plus de précision.

Un ambassadeur en charge des questions de migrations

L'autre priorité c'est la « crise migratoire », comme l'a qualifiée Emmanuel Macron. « Accueillir les migrants est un devoir humain » affirme le président français, sans toutefois proposer des solutions concrètes.

Il annonce toutefois la nomination d'un ambassadeur chargé de coordonner les négociations liées aux migrations entre la France, l'Union européenne et l'Union africaine.

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Globalement, le discours de ce mardi matin a offert assez peu de clarifications sur ce sujet. Il aura plutôt servi à revenir sur des actions menées par le gouvernement français et à répéter des annonces déjà formulées précédemment.

Emmanuel Macron a cependant annoncé une visite prochaine, à Ouagadougou. Un passage dans la capitale burkinabè dont la date n'a pas été précisée, mais qui sera pour lui l'occasion de présenter plus avant sa vision de la politique africaine.

C’est en Afrique que se joue largement l’avenir du monde. La France ne saurait être ce pays post-colonial hésitant entre un magistère politique affaibli et une repentance malsaine.
Emmanuel Macron

Et cette vision, le discours délivré ce mardi matin a déjà permis de s'en faire une idée, avec une volonté affichée d'avoir une vision positive de l'Afrique et une approche politique quasiment lyrique. « L’Afrique n’est pas seulement le continent des migrations et des crises, c’est un continent d’avenir », a déclaré Emmanuel Macron.

Ni « magistère affaibli », ni « repentance malsaine »

« C’est aussi à ce titre que nous ne pouvons pas le laisser seul face à ses défis démographiques, climatiques, politiques. Car c’est en Afrique que se joue largement l’avenir du monde. La France ne saurait être ce pays post-colonial hésitant entre un magistère politique affaibli et une repentance malsaine », a-t-il continué.

Et Emmanuel Macron d'assurer que « les pays d’Afrique seront nos grands partenaires et nous devons continuer à apprendre d’eux comme ils peuvent apprendre de nous. » Il a également confirmé la mise en place, dans les semaines qui viennent, d'un Conseil présidentiel pour l'Afrique. Ce Conseil - c'était l'une de ses promesses de campagne -, le président français le décrit comme une « structure inédite tournée vers les attentes de nos jeunesses ».

Ce conseil, dont il affirme également qu'il « transformera la gouvernance de la politique africaine », sera composé d'une douzaine de personnes issues de la société civile, avec des personnalités du monde de la culture, du sport, ainsi que des entrepreneurs. Parmi eux, le footballeur franco-béninois Jean-Marc Adjovi-Boco, la chercheuse kényane Yvonne Mburu, l’avocat français Yves-Justice Djimi ou encore Jules-Armand Aniambossou, camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA.

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Leur rôle au sein de ce conseil : faire entendre un son de cloche différent de celui des conseillers Afrique du président, formuler des propositions concrètes d’actions sur des secteurs d’avenir, ou encore développer un lien avec les sociétés civiles africaines. Mais il y a des inquiétudes déjà sur une présence très forte d'entrepreneurs privés et d'une vision très business de ce nouveau conseil.