Au Kenya, les sacs plastiques n'ont plus droit de cité

Au Kenya, le plastique était devenu un véritable fléau.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Au Kenya, produire, vendre, importer ou même utiliser des sacs plastiques est depuis lundi 28 août interdit. Les peines pour les contrevenants atteignent plus de 30 000 dollars d'amende et 4 ans d'emprisonnement. Alors que la Cour suprême examine en ce moment le recours de l'opposant Raila Odinga contre la réélection d'Uhuru Kenyatta lors du scrutin du 8 août, le gouvernement a fait entrer en vigueur une des lois les plus dures du monde contre les sacs plastiques.

Assis à sa caisse, Festus propose des sachets en tissus aux clients. Dans ce supermarché de Nairobi, on a adopté la mesure depuis un mois pour habituer les acheteurs.

« C'est du tissu qui n'est pas polluant pour l'environnement. Le blanc, on le vend 10 shillings (10 centimes d'euros). Nous soutenons cette loi », explique-t-il.

Et ils n'ont pas le choix. Depuis lundi, la police peut arrêter quiconque a un sac plastique à la main.

Janis Amere vient de finir ses courses. Elle espère que les autorités laisseront un temps d'adaptation aux Kényans, mais elle est impatiente de voir les résultats. « Nous avons beaucoup souffert à cause du plastique. Nos bouches d’égout sont bouchées, tout comme les petites rivières. L'eau stagne et cela crée des maladies », pointe-t-elle.

Le plastique est devenu un fléau pour le Kenya, s'entassant dans les rues, sur la côte et dans les lacs. Le gouvernement avait déjà tenté de légiférer sur la question, mais avait dû renoncer sous la pression des fabricants qui affirment que l'interdiction affectera les quelque 60 000 emplois du secteur.

Cette fois pourtant, le Kenya a adopté une loi véritablement progressiste, se réjouit Njeri Kabeberi, directrice de Greenpeace Africa. Sans toutefois avoir prévu assez d'alternatives. « La culture du plastique était tellement importante dans nos vies que nous ne savons plus que faire. Je pense qu'il y a un grand besoin de sensibilisation à des alternatives », souligne-t-elle.

Les regards se tournent vers le traditionnel kiondoo, un sac de sisal tressé. Cet artisanat pourrait profiter de l'interdiction des sacs plastiques.

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