Au Niger, des intempéries meurtrières et destructrices

A Niamey, après les pluies meurtrières de ces derniers jours, les habitants tentent se sauver ce qu'ils peuvent de leurs maisons détruites, le 30 août 2017.
© BOUREIMA HAMA/AFP

Le Niger est touché par des pluies torrentielles qui ont tué au moins 44 personnes selon un nouveau bilan, tué du bétail et détruit des maisons. Plus de 77 000 autres personnes sont sinistrées.

Presque tous les décès sont dus à l'effondrement des maisons sur leurs occupants, seules trois personnes sont mortes par noyade, a précisé mercredi le directeur de la protection civile. Il faut dire qu'au total plus de 8 000 habitations ont été détruites par les fortes pluies.

La région de Niamey et de Dosso, plus au sud, sont les plus touchées et les dommages matériels sont loin de s'arrêter aux habitations. Dans presque toutes les huit régions du pays, des magasins, des champs de céréales, des vergers et des routes ont été dévastés. Plus de 4 300 têtes de bétail ont péri.

Pour venir en aide aux victimes, les autorités procèdent à des distributions de nourriture, les ONG partenaires donnent elles des kits non-alimentaires, avec des bâches, des casseroles, des nattes par exemple, explique Mme Mariama Abderahmane, directrice des secours humanitaires d'urgence. Pour ce qui est du logement, une majorité des Nigériens sinistrés a trouvé refuge chez des parents ou dans des familles. De nombreuses écoles ont aussi été ouvertes pour les accueillir, mais problème : la rentrée approche.

Témoignage d'un habitant de Gabagoura

RFI a joint un habitant de Gabagoura qui témoigne. Dans ce seul village, particulièrement touché, 239 maisons en banco se sont effondrées. Saleh Amadou, un résident de cette localité à l'ouest de Niamey, a lui-même perdu trois maisons.

« Nous avons pu recaser certaines familles dans des écoles… Nous avons aussi fait appel à des personnes généreuses qui ont bien voulu accepter (de prendre) certaines familles sous leur protection. Mais nous avons perdu le maximum de nos animaux… Les gens sont dispersés…

Nous avons enregistré seulement quatre décès. Dieu merci, nous avons pu amener (les corps) dans le centre hospitalier le plus proche ».

Les autorités se sont déplacées.

« Le Premier ministre en personne est venu, au nom du chef de l’Etat qui l’a mandaté, poursuit notre interlocuteur. Un certain nombre d’équipements ont été mis en place, la population a déjà bénéficié de 23 tonnes de riz… »

Mais Saleh Amadou se désole. « C’est vraiment malheureux… On est à la veille de la Tabaski, ça tombe mal ! La Tabaski se fera sans la population de Gabagoura !»