Cameroun: rentrée scolaire fébrile dans les régions anglophones

Une rue du centre-ville de Bamenda, ville majeure du Cameroun anglophone.
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Au Cameroun, la rentrée scolaire de ce lundi matin est considérée comme à risque dans les deux régions anglophones du pays en proie à des revendications socio-politiques. Alors que le gouvernement a pris des mesures annoncées comme exceptionnelles pour garantir une reprise effective des cours dans ces régions, des doutes et des inquiétudes subsistent. Certains activistes anglophones ont, eux, appelé à une « rentrée morte ». Les principales villes de ces deux régions sont ce matin sous très forte surveillance policière.

A Yaoundé, les autorités se veulent optimistes. A Bamenda comme à Boya, les émissaires du gouvernement ont rencontré diverses autorités civiles et religieuses locales et des associations de parents d’élèves dans le but de rassurer, des dispositions spéciales prises par les pouvoirs publics pour garantir une rentrée scolaire sereine dans les deux régions anglophones du pays.

Empêcher le vandalisme

L’offensive du gouvernement intègre aussi des aspects sécuritaires. Ainsi, Yaoundé a annoncé, il y a quelques jours, le lancement d’une opération de sécurisation des établissements scolaires. Près de 1 500 éléments des forces de maintien de l’ordre ont ainsi été déployés autour des écoles en vue d’empêcher des actes de vandalisme, de destruction des biens et des violences sur des élèves et enseignants, tels qu’enregistrées lors de la dernière année scolaire.

Cette forte présence policière ne fait cependant pas l’unanimité. Diverses organisations de la société civile et des partis politiques de l’opposition ont appelé à la démilitarisation de ces deux régions, craignant en effet des psychoses qui pourraient renforcer la désertion des salles de classe par les élèves et enseignants. Ultime mesure sur laquelle le gouvernement fonde son optimisme, la décision présidentielle du 30 août 2017 portant arrêt des poursuites contre les leaders et activistes anglophones au tribunal militaire de Yaoundé.

Retour en classe ce lundi ?

Ces mesures et d’autres suffiront-elles pour garantir le retour en classe dès ce lundi ? Rien n’est moins sûr.