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Rwanda

Rwanda: des zones d’ombre autour de l’affaire Diane Rwigara

L'opposante rwandaise Diane Rwigara dans les locaux de la commission électorale à Kigali, le 20 juin 2017.
© REUTERS/Jean Bizimana

Il y a quatre jours, un frère de l'opposante rwandaise Diane Rwigara, qui vit aux Etats-Unis, avait annoncé, inquiet, que Diana, sa mère et une autre de ses soeurs étaient portées disparues à Kigali après avoir été arrêtées par la police. Mais voilà que ce lundi 4 septembre la police a annoncé avoir interpellé, pour raisons d'enquête, l'opposante ainsi que deux autres membres de sa famille, alors qu'ils se trouvaient à leur domicile dans la capitale rwandaise. Retour sur une affaire rocambolesque et qui renferme de nombreuses zones d'ombre.

Ce qui est sûr, c’est que Diane Rwigara, sa soeur et sa mère étaient lundi soir aux mains de la police, alors qu’une vidéo sur leur arrestation qui circule sur les réseaux sociaux ne permet pas de faire la lumière sur ce qui s'est passé au cours des quatre derniers jours.

Elle aurait été tournée lundi à son domicile et on y voit l'opposante s'en prendre à un officier de police à qui elle demande pourquoi elle et sa famille sont « persécutées ». Et le policier de répondre, sur un ton plutôt calme, qu'ils le sauront « une fois au poste de police ».

« Voleurs »

Diane Rwigara sort alors de ses gonds. « Comment voulez-vous qu'on aille à la police, alors que vous nous avez enfermés ici ? », s'emporte-t-elle, en accusant la police rwandaise d'avoir pris tout leur argent et leurs téléphones, « Vous êtes des voleurs », accuse-t-elle, mais le policier ne perd pas son calme et explique qu'ils iront « à pied ».

« Alors ne mentez plus aux journalistes. Dites aux journalistes que vous nous aviez enfermés ici », rétorque Diane Rwigara et d'accuser : « Vous persécutez ma famille uniquement parce que j'étais candidate à la présidentielle ». Puis, les trois membres de la famille Rwigara ont été emmenés au poste de police.

« Persécution »

Contacté par RFI, le porte-parole de la police rwandaise explique de son côté que Diane Rwigara est accusée de « faux et usage de faux » pour les signatures présentées lors de la présidentielle alors que sa mère et sa sœur seraient poursuivies pour fraude fiscale.Theos Badege explique que la police a investi leur domicile lundi et les a conduites de force au poste de police parce qu'elles avaient refusé de comparaître par trois fois. Elles ont toujours été libres de leur mouvement, jure l'officier rwandais, même si Diane Rwigara continue de crier à « la persécution » parce qu'elle avait défié le président Paul Kagame.

« Il n’y a jamais eu d’arrestations, insiste Theos Badege. Elles étaient à la maison, libres. Elles s’entretenaient avec un avocat et faisaient des courses comme elles le voulaient. Il n’y avait rien comme gardes à la résidence. C’était simple. Lundi, c’est là où on a dû les amener à la police. Ce n’était pas non plus une arrestation, c’était juste [afin de] les conduire à la police pour un interrogatoire parce qu’elles n’avaient pas voulu comparaître volontairement ».

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