Gambie: sous Jammeh, des fonds publics utilisés pour des dépenses surprenantes

La commission a notamment découvert que la construction d'une arène à Kanilai a été payé avec des fonds du port de Banjul...
© Seyllou/AFP

Cela fait un mois qu’une commission d’enquête analyse les affaires financières de Yahya Jammeh afin d’établir si l’ancien président a détourné des fonds publics au cours de ses 22 ans au pouvoir. Ses membres se penchent pour l’instant sur les comptes en banque censés recueillir des fonds publics, et gérés directement par le bureau de l’ancien dictateur. Et les retraits successifs révèlent que ces comptes étaient utilisés pour des dépenses déroutantes.

La méthode semble être toujours la même : des comptes avec de l’argent public sont ouverts à la Banque centrale pour financer principalement des projets de développement.

Mais parmi les personnes habilitées à retirer cet argent se trouvent des membres du bureau du président. Il suffit ensuite d’une lettre, ou d’un mot de Yahya Jammeh, pour que l’argent soit utilisé sans qu’aucune question ne soit posée. Et certaines dépenses font aujourd’hui grincer des dents.

Le compte de la compagnie nationale en charge de la distribution de carburant, par exemple, a servi à financer des billets d’avion pour faire venir la star du reggae jamaïcain Frankie Paul en 2007. Montant de la facture : plus de 10 000 euros.

Autre exemple : la construction d’une petite arène à Kanilai a été payée à partir de fonds appartenant au port de Banjul. La société de Jammeh doit aujourd’hui au port près de 620 000 euros. Sans compter un tapis ou encore des tentes pour le palais présidentiel à plusieurs milliers d’euros.

Mais l’opération que tout le monde retient, c’est ce retrait de 80 000 euros effectué le 23 janvier dernier, soit deux jours après le départ du dictateur en Guinée équatoriale. Un mystère que la commission entend bien éclaircir lors de ses prochaines audiences.

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