Kenya: le président de la commission électorale répond à l'opposition

Le leader de l'opposition, Raila Odinga, lors d'un déplacement à Nairobi, Kenya, le 3 septembre 2017.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Au Kenya, le président de la commission électorale, Wafula Chebukati, répond à l'opposition. Raila Odinga avait menacé de boycotter l'élection présidentielle du 17 octobre, posant ses conditions pour participer au scrutin. Parmi elles, le départ de certains agents de l'IEBC, un audit complet du système informatique, ou encore une révision du registre électoral. Dans une lettre de trois pages adressée à l'opposition mercredi 6 septembre, l'IEBC donne un premier plan d'action et répond point par point à Raila Odinga et prend un ton conciliant.

Wafula Chebukati se veut rassurant : « J'atteste de mon engagement à conduire une nouvelle élection présidentielle en accord avec la Constitution », écrit-il. Il affirme prendre en considération les requêtes de l'opposition qui demande des garanties quant aux kits électroniques de transmission des résultats et promet un audit complet du système informatique de la commission.

Impossible cependant de modifier le registre électoral. Et pour ce qui est du nombre de candidats, il explique se baser sur la décision de la Cour suprême de 2013. Mais l'IEBC s'engage à tenir des consultations hebdomadaires avec les deux candidats ainsi qu'avec la société civile et les leaders religieux pour préparer les élections.

La commission semble également avoir écarté Ezra Chiloba, le directeur général, ou encore James Muhati, directeur du pôle technologique, vivement critiqués par l'opposition. S'ils restent en poste, ils sont temporairement remplacés par une nouvelle équipe. Une équipe déjà critiquée par Jubilee, le parti d'Uhuru Kenyatta, qui l'accuse d'être biaisée. A cela aussi, Wafula Chebukati a répondu. Il demande au Jubilee de respecter l'indépendance de la commission, et qualifie l'attaque d'inacceptable.


L’Église catholique propose sa médiation dans la crise électorale

Les évêques se disent prêts, avec d’autres dirigeants religieux, à rapprocher les parties en prévision du nouveau scrutin. Mais Benoît Hazard, spécialiste du Kenya au CNRS, doute que cette tentative de médiation aboutisse.

Il peut y avoir une médiation des autorités religieuses qui soit acceptée des deux partis...
Benoît Hazard
06-09-2017 - Par Michel Arseneault