[Reportage] Togo: une journée de grande mobilisation

Manifestation de l'opposition le 6 septembre 2017 au Togo.
© PIUS UTOMI EKPEI / AFP

A l'appel de l'opposition, une foule de Togolais a déferlé mercredi 6 septembre dans la ville de Lomé, scandant des slogans hostiles au pouvoir.

C'est une foule immense qui est descendue dans la rue en ce premier jour de manifestation à l'appel de l'opposition. Malgré l'annonce la veille de l'adoption d'un avant-projet de loi, qui prend en compte la limitation des mandats présidentiels et le mode de scrutin, l'opposition estime que c'est du dilatoire. « Si c’est une question qui doit être discutée à l’Assemblée nationale, pourquoi elle n’a pas été relevée ? »

La grande foule a parcouru plusieurs artères, certains avaient des drapeaux à la main, d'autres des pancartes sur les lesquelles on pouvait lire : « 50 ans, c'est trop », « la dictature se nourrit de l'inactivité », « trop c'est trop ». Une foule qui a chuté au bas-fond du collège St Joseph, où les leaders ont animé un grand meeting.

Un retour au texte et à l'esprit de la Constitution de 1992. Revendication martelée par l'opposition qui réclame un mandat présidentiel de 5 ans renouvelable une seule fois...
L'opposition ne croit pas à la main tendue du pouvoir
06-09-2017 - Par Pierre Pinto

Jean-Pierre Fabre, chef de fil de l'opposition togolaise, a appelé les militants à manifester encore ce jeudi. Quant à Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, elle appelle à remise du compteur à zéro : « On arrête le compteur, il faut que le président se rende compte que le peuple veut la Constitution de 1992, qu’il la lui donne et qu’il en tire les conséquences lui-même. »

Dans plusieurs villes du pays, les manifestations se sont simultanément déroulées dans le calme. Cette première journée de grande mobilisation s'achève, les manifestants sont rentrés, elle aura été aussi une journée au cours de laquelle la connexion internet aura été très restreinte pour une fois.

Pendant cette journée de mobilisation, le Premier ministre togolais était pour sa part en visite officielle à Abidjan, en Côte d'Ivoire, pour un forum sur l'agriculture. Après avoir rendu visite au président ivoirien Alassanne Ouattara, Komi Sélom Klassou a fait une déclaration concernant ces manifestations.

Lors des discussions, l'exigence de certains dans l'opposition, c'est qu'une fois la réforme opérée, elle soit rétroactive. Ce qui veut dire que si un citoyen togolais avait été déjà élu et avait fait deux mandats, la réforme s'impose à lui. Ce qui est contraire au droit
Komi Sélom Klassou, Premier ministre du Togo
07-09-2017 - Par Frédéric Garat

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