Kenya: la commission électorale en pleine crise interne

Le résultat du scrutin du 8 août a été finalement invalidé (photo d'illustration : un centre de dépouillement de Mombasa).
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Au Kenya, la commission électorale (IEBC) est en crise, alors qu'elle doit organiser une nouvelle élection présidentielle dans moins de deux mois. La décision du président de l'IEBC, Wafula Chebukati, d'écarter certains agents et de nommer une équipe temporaire pour superviser les prochaines élections a soulevé une révolte interne, et beaucoup de confusion.

Tout est parti d'un mémo, qui a circulé dans la presse kényane jeudi 7 septembre. Le document, signé Wafula Chebukati, est adressé au directeur général de la commission Ezra Chiloba, en charge du processus électoral. Il demande des explications sur certaines irrégularités mises au jour dans le scrutin du 8 aout.

Dans un communiqué publié jeudi, une partie des hauts cadres de la commission affirme que ce mémo, s'il est avéré, a été écrit sans leur accord et que les accusations de Wafula Chebukati sont non fondées. Un communiqué par la suite désavoué par certains de ses signataires.

Plusieurs sources proches de la commission révèlent également que la décision du président de l'IEBC de nommer une équipe temporaire pour superviser les nouvelles élections a créé d'importantes tensions au sein de la commission. Le sort de plusieurs hauts cadres de l'IEBC très critiqués par l'opposition est par ailleurs toujours en suspens.

Des signes de confusions inquiétants, alors que selon les analystes, le bon déroulement des prochaines élections repose sur la capacité de l'IEBC à mettre en place les réformes nécessaires à temps et, surtout, à trouver un terrain d'entente avec les partis de Uhuru Kenyatta et de Raila Odinga.