Rohingyas en Birmanie: le cri d’alerte de Desmond Tutu à Aung San Suu Kyi

Desmond Tutu, lauréat 1984 du prix Nobel de la paix.
© REUTERS/Mark Wessels

L'ancien archevêque du Cap et prix Nobel de la paix Desmond Tutu a adressé une lettre ouverte à Aung San Suu Kyi pour l'interpeller sur la situation de la minorité musulmane Rohingya, persécutée en Birmanie. Il lui demande expressément d’intervenir. Près de 125 000 Rohingyas auraient été forcés de fuir au Bangladesh récemment, depuis que des opérations militaires ont été lancées mi-août pour trouver des militants qui auraient attaqué des postes-frontière. En décembre 2016, plusieurs prix Nobel de la paix, dont Desmond Tutu, s'étaient déjà inquiétés du sort de cette minorité auprès du Conseil de sécurité de l'ONU.

Desmond Tutu n'a pas sa langue dans sa poche, et il ne se gêne jamais pour exprimer publiquement ses opinions. Cette fois, c'est à Aung San Suu Kyi qu'il s'adresse. Dans une missive polie, mais ferme, le prix Nobel de la paix sud-africain fait part de sa « profonde tristesse face au sort de la minorité musulmane des Rohingyas » en Birmanie.

Desmond Tutu interpelle « sa sœur » Aung San Suu Kyi, qu'il a longtemps perçue comme « un symbole de droiture ». Son accession au pouvoir en Birmanie avait soulevé l'espoir « de voir la fin des violences perpétrées contre les Rohingyas ». « Mais ce que certains appellent un nettoyage ethnique ou un génocide lent a continué », relève le religieux.

« Le silence est un prix trop élevé »

« Si le prix politique à payer pour occuper la plus haute fonction dans votre pays est le silence, alors c'est un prix trop élevé », poursuit Desmond Tutu. « Un pays qui n'est pas en paix avec lui-même, qui échoue à protéger la dignité de son peuple, n'est pas un pays libre. »

A la fin de sa missive, Desmond Tutu fait appel au « courage » d'Aung San Suu Kyi et lui demande de « parler pour la justice, les droits humains, et l'unité de (son) peuple ». « Nous prions pour que vous interveniez dans cette crise », conclut-il. Mercredi, Aung San Suu Kyi est sortie de son silence, pour critiquer « un iceberg de désinformation » sur la crise qui sévit dans son pays.

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