Togo: le gouvernement et l'UFC promettent d'aller au bout des réformes

Manifestation de l'opposition pour appeler au départ du président Faure Gnassingbé, le 7 septembre à Lomé.
© REUTERS/Noel Kokou Tadegnon

Pour le deuxième jour consécutif, une foule massive s'est rassemblée dans les rues de Lomé, au Togo, ce jeudi. Les manifestants demandent des réformes parmi lesquelles la limitation du nombre et de la durée des mandats du chef de l'Etat. Sur ce sujet, les autorités ont tenté de jouer l'apaisement. Elles annoncent l'examen d'un projet de loi mardi prochain au Parlement.

Ce projet prévoit la limitation à deux du nombre de mandats parlementaires et présidentiels ainsi que l'instauration du scrutin présidentiel à deux tours (contre un seul aujourd'hui). Cette fois, les réformes aboutiront, promet le camp présidentiel. C'est ce que souligne Gilbert Bawara, le ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative, joint par RFI :

« Ce qui est le plus important, c’est que dans le contexte politique et institutionnel actuel, ni le président de la République, ni le gouvernement ou la majorité parlementaire n’ont la possibilité d’imposer et de faire adopter une réforme constitutionnelle sans la participation des autres partis politiques, salue-t-il. Nous espérons que les partis politiques, notamment ceux qui siègent à l’Assemblée nationale, tout en ayant la possibilité d’apporter des amendements et de faire des propositions, œuvreront dans le sens du compromis et du consensus nécessaires pour l’adoption de ces réformes. »

L'UFC de Gilchrist Olympio, qui a signé un accord de gouvernement avec le parti présidentiel, revendique la paternité du geste d'apaisement fait par le gouvernement, à savoir l'avant-projet de loi qui devrait être examiné par les députés à partir de la semaine prochaine. Isaac Tchiakpé, porte-parole de l'UFC, appelle les leaders de l'opposition, à se joindre à ce processus. Cette fois les réformes iront jusqu'à leur terme, affirme-t-il :

« Grâce à l’activisme de M. Olympio, en raison de l’exaspération croissante, nous avons pu obtenir du chef de l’Etat que diligence soit faite pour porter devant le Parlement cet avant-projet de loi. Ce qui est important, c’est de faire pour une fois le pari de l’espérance, de l’espoir pour ce pays, de faire en sorte que la victoire posthume du régime de Gnassingbé Eyadema ne l’emporte pas. »

Selon lui, Gilchrist Olympio « a réussi à obtenir du président de la République que l’alternance se réalise véritablement. Nous avons hérité d’un régime dictatorial. Sachons avec courage assumer notre histoire et faire que le pays ne sombre pas dans le chaos. Et ce que je sais des entretiens constants que M. Olympio a avec la partie au pouvoir, essentiellement le chef de l’Etat, il y a désormais un engagement ferme que ces réformes iront au bout. »

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