Gabon: levée de l'interdiction de sortie du territoire de Jean Ping

L'interdiction de sortie de Jean Ping (D), ici au côté de l'ancien Premier ministre Casimir Oyé Mba (G), a finalement été levée (photo d'illustration)
© STEVE JORDAN / AFP

Le rassemblement Héritage et modernité a confirmé samedi 9 septembre dans une conférence de presse l'interpellation de Pascal Oyougou, un proche de Jean Ping. Peu avant lui, Frédéric Massavala, interpellé mercredi dernier, a été écroué vendredi à la prison centrale de Libreville. Le parti d'Alexandre Barro Chambrier a aussi publié une liste d'une vingtaine de personnes interpellées dans tout le Gabon. Il a exigé leur libération sans condition. Durant la conférence de presse, la décision du ministre de l'Intérieur de lever l'interdiction de sortie du territoire de Jean Ping et les leaders autour de lui a été moins commentée.

C'est avec mépris et dédain qu'Alexandre Barro Chambrier a accueilli l'annonce du ministre. Il estime que le pouvoir a subi des pressions extérieures pour lever la décision inique d'interdire la sortie du territoire de tous les leaders de l'opposition.

« Nous n’avons pas de commentaires à faire. Nous estimons que la Constitution, dans son préambule, garantit la libre circulation à l’intérieur et à l’extérieur du territoire. Par conséquent, pour nous, il s’agissait d’une entrave aux libertés individuelles », estime Alexandre Barro Chambrier.

Pour sa part, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de Jean Ping a fait remarquer que sur les 3 personnalités empêchées de quitter le Gabon, seul l'ancien Premier ministre Casimir Oyé Mba est membre de la coalition de Jean Ping.

Ntoutoume Ayi demande au ministre de l'Intérieur d'expliquer pourquoi le professeur Albert Ondo Ossa et l'ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima ont été interdit de quitter le territoire.

Dans une récente interview à RFI, le ministre de l'Intérieur Lambert Noël Matha a expliqué que Jean Ping et ses alliés ont été ainsi punis à cause de l'appel à l'insurrection lancé le 18 août dernier. La menace étant finie, la punition est levée.