L'Union africaine veut peser dans la résolution de la crise libyenne

Contrairement au maréchal Haftar (G), le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj (D) était présent au sommet de l'UA à Brazzaville ce week-end.
© FETHI BELAID, KHALIL MAZRAAWI / AFP

Une réunion du comité de l'Union africaine sur la Libye, la quatrième du genre, a eu lieu ce week-end à Brazzaville. Elle s'est déroulée sans le maréchal Haftar, mais avec le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj, en présence de l'émissaire spécial de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé. Une réunion qui a mis en lumière la volonté de l'Union africaine de peser de tout son poids et de ne plus être tenue à l'écart des autres interventions extérieures sur le dossier.

A l'Union africaine, on se défend d'indexer qui que ce soit, mais le message est clair et son destinataire aussi : « Emmanuel Macron doit apprendre à associer ses partenaires africains. Par courtoisie et par élégance, il aurait dû associer en juillet ceux qui travaillaient déjà sur le sujet. Personne ne peut travailler seul », insiste un des organisateurs de la réunion de Brazzaville.

De fait, la médiation africaine n'a été informée que tardivement de la rencontre organisée par le président français en région parisienne. Une initiative qualifiée aujourd'hui d'opération de communication par un participant ce week-end. Alors qu'à Brazzaville, « il a été question de sujets concrets. »

Mais les faits sont là. Le maréchal Haftar était absent de la capitale congolaise samedi, alors qu'il était à Paris en juillet. A l'Union africaine, on reconnaît que cette absence a forcément pesé sur les discussions, mais on relativise aussi. Ce qui compte encore une fois, ce n'est pas la photo d'une poignée de main, mais les résultats.

L'UA, dont la médiation peine encore à convaincre, compte obtenir rapidement des avancées. Elle se félicite d'avoir pu réunir 35 parlementaires de l'Est et de Tripoli. Des élus qui vont plancher sur une révision de l'accord de Skhirat signé en 2015.

Mais également sur la dissolution des milices et la formation d'une armée unique. Avant de préparer dans un second temps seulement de nouvelles élections. « Pour ne pas aller trop vite », explique l'UA.