Burundi: enlèvement de Léopold Habarugira, cadre d'un parti d'opposition

Manifestation dans les rues de Bujumbura, le 18 février 2017. Depuis deux ans, le pays traverse une crise politique majeure (photo d'illustration).
© AFP/Stringer

Au Burundi, un cadre du parti d'opposition UPD, l'Union pour la paix et le développement, a été enlevé en pleine journée mardi matin par un groupe de quatre personnes dont l’une en tenue de policier et armée ; un enlèvement de plus dans ce pays qui traverse une grave crise politique ponctuée de violences et  alors que des enquêteurs de l'ONU ont appelé le 4 septembre la Cour pénale internationale à enquêter « dans les plus brefs délais » sur des crimes contre l'humanité commis par des agents de l'Etat au Burundi.

Léopold Habarugira a été enlevé en pleine journée, devant des dizaines de témoins, des étudiants qui se rendaient à leur premier cour à l'Université Lumière dans le quartier de Mutanga nord, alors qu'il faisait de la marche en compagnie de son épouse, Libérate Nzitonda. Celle-ci raconte la suite à RFI : « Une voiture de couleur noire, aux vitres teintées et sans plaque d'immatriculation s'est arrêtée devant nous. Trois costauds et un homme en tenue de policier, armé d'un fusil, en sont sortis. Ils se sont jetés sur mon mari et l'ont poussé de force dans leur voiture avant de l'amener. »

Depuis le début de la crise au Burundi, des centaines d'opposants ou considérés comme tels, sont portés disparus, certains ont été enlevés suivant ce même modus operandi, de quoi faire craindre le pire à son épouse. « J'ai peur pour lui car nous sommes dans une période difficile : des gens sont enlevés, et ensuite on retrouve leurs cadavres. Ou ils disparaissent sans laisser de traces. J'ai d'autant plus peur que mon mari avait échappé par miracle à un attentat l'année passée. On avait essayé de le tuer devant notre maison. Donc, bien sûr que j'ai peur. »

Le président en exil de l'UPD, Chamineau Mugwengezo, rappelle que son prédécesseur, Zedi Feruzi, et son porte-parole ont été assassinés en 2015. Il accuse aujourd'hui comme hier le pouvoir d'être derrière tous ces meurtres. Aucun responsable de la police ne pouvait être joint mardi.