Madagascar: le plan national de la réforme du secteur de la sécurité présenté

Le président malgache Hery Rajaonarimampianina (photo d'archives).
© Reuteurs/Lintao Zhang

Huit piliers sont à réformer dans le cadre du Plan national de la réforme du secteur de la sécurité à Madagascar : l'armée, la gendarmerie, la police, la justice, l'administration territoriale, les renseignements, le Parlement et les acteurs non-étatiques. Un chantier colossal pour un pays rongé par la corruption, la pauvreté extrême (92% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour) et l'insécurité. Une difficulté de taille va s'imposer dans la mise en place de ce plan de réforme : le coût estimé à près de 900 millions de dollars. Parmi les ambitions de ce plan de réforme : réduire de 75% la corruption sur les axes routiers, réduire de 80% la pédophilie et les trafics de drogue ou encore augmenter de 50% les démantèlements des réseaux de trafiquants d'armes. Et tout cela en 4 ans...

Pour le président de la République Hery Rajaonarimampianina, la réforme du secteur de la sécurité passe par la mise en place de formations, l'augmentation des effectifs des forces de l'ordre, la modernisation ou l'acquisition de matériels comme des hélicoptères, des avions et des armes. « Les dahalos ont plus d'armes que les gendarmes, a affirmé le président. Ce qui est énervant c'est que lorsqu'on veut augmenter les armes, les gens montent sur leurs grands chevaux et disent : "Ahh. Voilà l'État policier !" Pourtant, nous savons que c'est nécessaire. »

Vols de zébus, insécurité routière, corruption, pillage des ressources naturelles, porosité des frontières maritimes, la lutte contre l'insécurité à Madagascar est un défi de taille. Le gouvernement compte renforcer l'autodéfense villageoise dans les zones enclavées où sévissent les dahalos pour pallier le manque de gendarmes. Concernant la lutte contre la corruption, l'État mise également sur la collaboration des citoyens. « La société civile doit prendre ses responsabilités. La population doit dénoncer les criminels en col blanc. C'est difficile. Parce qu'ils sont tous pourris. La meilleure façon de lutter contre ça, c'est que la justice soit ferme, impartiale et travaille en toute indépendance », a poursuivi le président.

La population attend désormais la concrétisation de ces mesures ambitieuses et espère qu'il ne s'agit pas, à un an de la présidentielle, d'un énième effet d'annonce.