Burundi: la police n’a aucune explication après la disparition d’un opposant

La police burundaise à Bujumbura.
© LANDRY NSHIMIYE / AFP

Au Burundi, le porte-parole de la police a annoncé à la presse ce mercredi que « la police n'a pas reçu une plainte » et qu'elle n'était donc pas au courant de l'enlèvement mardi matin d'un cadre du parti d'opposition, l'Union pour la paix et le développement (UPD). Léopold Habarugira a été enlevé en pleine journée par un groupe de quatre personnes, dont une en tenue de policier et armée. Le président en exil de l'UPD, Chauvineau Mugwengezo évoque un mode opératoire déjà vu et qui s'est toujours terminé de la pire des manières.

La famille est très inquiète. Déjà, son épouse, depuis que la police est sortie de son silence, est méconnaissable. Elle est rentrée dans une situation de mutisme qui traduit la souffrance qu’elle est en train de vivre en ce moment. C’est la même souffrance qu’au niveau du parti nous éprouvons parce qu’à chaque fois qu’il y a des enlèvements qui se font à ciel ouvert, et où la police dit qu’elle n’est pas impliquée, on les a retrouvés quelque part morts, jetés dans les ruisseaux, jetés dans les rivières.
Chauvineau Mugwengezo, président en exil de l'UPD
14-09-2017 - Par Esdras Ndikumana