Sénégal: rentrée parlementaire compliquée pour le camp de Khalifa Sall

Khalifa Sall, le maire de Dakar, en 2011 et Abdoulaye Wade, ancien président de la République du Sénégal (photomontage).
© SEYLLOU / AFP

Au Sénégal, les 165 députés élus le 31 juillet intègrent ce jeudi l’Assemblée nationale. Avec 125 élus, la majorité présidentielle va sans aucun doute se mettre en ordre de bataille pour appliquer le programme de Macky Sall. Réduite au minimum, l’opposition tentera de se faire entendre malgré l’absence de deux ténors que sont Abdoulaye Wade, qui a démissionné de son poste, et Khalifa Sall qui est en prison depuis six mois.

En décidant de ne pas siéger, Abdoulaye Wade a fait le malheur du camp de Khalifa Sall. Doyen des députés, il lui revenait en effet de présider la séance d’ouverture. Et donc de disposer d’une tribune pour évoquer la situation du maire de Dakar.

C’est ce qu’espérait en tout cas les proches de Khalifa Sall qui a donc - et c’est un première au Sénégal -, mené campagne et été élu député depuis sa cellule de la prison de Rebeuss.

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Khalifa Sall a donc décidé ce mercredi d’adresser une lettre aux membres de l’Assemblée. Il y dénonce sa privation de liberté, son immunité aussi qui « prime désormais ». Il s’excuse enfin de ne pouvoir prendre part à la session d’ouverture de la 13e législature. Il appelle donc à la responsabilité des députés pour faire respecter la loi constitutionnelle.

Mais avec 125 députés sur 165, il est peu probable que la majorité présidentielle entende cet appel.

Prêts au dialogue

Et s’ils se revendiquent de l’opposition, les 20 députés de la coalition d’Abdoulaye Wade partagent néanmoins le même héritage politique libéral que la majorité et se disent prêts à dialoguer avec le chef de l’Etat. Dans sa cellule, Khalifa Sall n’a donc jamais été aussi seul.