La faim progresse dans le monde pour la première fois en dix ans

Cet enfant de 14 mois souffre de malnutrition. Il est soigné au centre de santé de Ogolcho, en Ethiopie, région en proie à une sécheresse particulièrement forte, fin janvier 2016.
© Colin Cosier / AFP

Les personnes qui souffrent de la faim dans le monde sont de plus en plus nombreuses, alertent les Nations unies. Le phénomène empire de nouveau, après une décennie de progrès. 11 % de la population mondiale est à présent concernée. Un chiffre annoncé à Rome, à la FAO, le Fonds international de développement agricole, en association avec les autres agences onusiennes en charge de la santé et de l’alimentation.

Avec notre correspondante à RomeAnne Tréca

Après dix ans de progrès dans la lutte contre la faim, le dernier rapport des Nations unies fait l’effet d’une douche froide. Le constat est clair : la faim dans le monde recommence à gagner du terrain. Elle touche 815 millions d’humains en 2016, 38 millions de plus que l’année précédente. Dans les prochains mois, la famine risque en outre de s’étendre au Soudan du Sud, au nord-est du Nigeria, en Somalie et au Yémen.

A la sous-nutrition s’ajoute maintenant l’étendue inquiétante de la malnutrition dans le monde. L’augmentation du nombre de personnes en situation précaire et les changements d’habitudes alimentaires menacent la santé de millions d’êtres humains. Le rapport dénonce l’anémie qui se répand chez les femmes en âge de procréer, les retards de croissance chez les enfants et l’obésité, maintenant élevée au rang de fléau à combattre.

Si l’humanité marche à reculons, conclut le rapport, c’est à cause de la multiplication des conflits violents sur la planète. Ceux-ci sont devenus au cours des dernières années de plus en plus complexes et de plus en plus difficiles à résoudre. En cause également, les effets des chocs climatiques – les sécheresses ou les inondations qui ravagent des régions plus pacifiques –. Et puis enfin, le ralentissement de l’économie mondiale.

Le haut niveau de l'Afrique ne m'a pas surpris, étant donné les problèmes que nous connaissons au nord-est du Nigeria par exemple...
Gilbert Houngbo, président du Fida, le Fonds international des Nations unies pour le développement agricole.
16-09-2017 - Par David Baché