Mali: fermeture des écoles Gülen, la polémique enfle

Au Mali, une grande partie du capital du groupe scolaire Horizon appartient à Fethullah Gülen (photo), ennemi juré du président turc.
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Au Mali, la fronde prend de l'ampleur face à la décision du gouvernement de fermer les établissements Horizon. Une grande partie du capital de ce groupe scolaire appartient à Fethullah Gülen, ennemi juré du président turc. Depuis quelques mois, le président Erdogan a créé une fondation pour prendre le contrôle de ces écoles. Au Mali, cela ne laisse pas indifférent. Le ministre de l'Education nationale a été convoqué devant l'Assemblée et les parents d'élèves menacent de descendre dans les rues.

« Ca commence à devenir un tribunal, je ne suis pas à la barre », a fini par lancer le ministre de l'Education nationale Mohammed Ag Erlaf un peu décontenancé devant les arguments du député Zoumana Doumbia. Les écoles Horizon, parmi les plus réputées de la capitale, doivent être transférées à la fondation turque Maarif.

Sommé de s'expliquer à ce sujet, l'argumentaire du ministre n'a pas franchement convaincu les députés. « Ce n’est pas une affaire d’individu. Ce sont des rapports de coopération entre deux Etats souverains. Rien ne permet, au moment où je vous parle, de mettre en doute l’engagement du gouvernement turc car il a toujours tenu ses engagements envers le Mali. La rénovation de l’Assemblée nationale en est une illustration incontestable. »

Réponse cinglante du député Zoumana Doumbia : « Où sont les ministres ? Ce n’est pas la rénovation de la salle plénière de l’Assemblée qui peut être comparée à l’avenir de 3 200 enfants. »

Pendant une heure, le député a demandé à plusieurs reprises sur quoi était fondé ce protocole d'accord. Les réponses n'ont pas été assez convaincantes, puisque les députés ont saisi une nouvelle fois le gouvernement, a priori ce serait le Premier ministre qui viendrait cette fois-ci, répondre aux questions des élus.