L'opposant zimbabwéen Morgan Tsvangirai hospitalisé en Afrique du Sud

Le leader de l'opposition zimbabwéenne et candidat à la présidentielle de 2018, Morgan Tsvangirai, ici devant les partisans du Mouvement pour la changement démocratique (MDC), à Bulawayo, le 2 septembre 2017.
© ZINYANGE AUNTONY / AFP

Morgan Tsvangirai, le chef de l'opposition zimbabwéenne, a été transporté dans la nuit du jeudi à vendredi 15 septembre en Afrique du Sud pour se faire hospitaliser d'urgence. L'homme de 65 ans avait dévoilé l'an dernier être atteint d'un cancer du côlon. Une nouvelle qui plonge le Zimbabwe dans l'incertitude à moins d'un an de la prochaine présidentielle.

Morgan Tsvangirai présidait jeudi 14 septembre une réunion de son parti, le Mouvement pour le changement démocratique (MCD), dans le centre du pays, à Kadoma. Selon un quotidien zimbabwéen, il aurait été pris soudainement de vomissements. Son équipe médicale lui aurait alors recommandé d'aller se faire soigner à Johannesburg, comme l'an dernier.

Morgan Tsvangirai est en Afrique du Sud depuis 24 heures maintenant. Dans un communiqué, le porte-parole du MDC se veut rassurant et évoque « une simple visite médicale de routine ».  S'il confirme l'hospitalisation du leader de l'opposition zimbabwéenne, le MDC assure que l'ancien Premier ministre est dans un état « très stable », « contrairement aux informations de presses morbides » publiées dans le pays.

Ce samedi matin, le journal zimbabwéen, réputé indépendant, News Day affichait en Une : « Tsvangirai entre la vie et la mort », affirmant que le candidat à la présidentielle de 2018 avait été transporté en urgence en Afrique du Sud, « sous oxygène » et « vomissant beaucoup ».

Il y a un peu plus d'un an, Morgan Tsvangirai avait publiquement reconnu qu'il souffrait d'un cancer, qu'il avait commencé un traitement par chimiothérapie et qu'il avait subi une opération chirurgicale, déjà dans un hôpital sud-africain.

Son hospitalisation pourrait ne pas être liée au traitement contre le cancer

Un membre du parti affirme que ce séjour en Afrique du Sud n'est pas lié à son traitement contre le cancer du côlon.

De quoi relancer les soupçons d'un éventuel empoissonnement, un peu moins d'un mois après celui du vice-président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa. Les deux hommes sont d'ailleurs soupçonnés par les renseignements de créer en secret une alliance pour prendre la tête du pays à la mort de Robert Mugabe.

Chef historique de l'opposition au président zimbabwéen Robert Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance du pays il y a 47 ans, Morgan Tsvangirai a récemment formé une alliance avec les autres principaux partis d'opposition du Zimbabwe en vue des élections législatives et présidentielle qui doivent se tenir l'année prochaine.

Morgan Tsvangirai voit sa santé décliner. L'an dernier, à son retour d'Afrique  du Sud, il avait nommé deux nouveaux vice-présidents, une façon peut-être de préparer sa succession. Il est encore pour l'heure le candidat du MDC pour la présidentielle de 2018. Depuis son lit d'hôpital, il a d'ailleurs appelé tous ces concitoyens à aller s'inscrire sur les listes électorales. Les inscriptions ont commencé officiellement jeudi 14 septembre à Harare.

Le MDC, assure que Morgan Tsvangirai sera bientôt « de retour au pays pour faire campagne ».