RCA: l'ONG Aids Free World accuse la Minusca de violences sexuelles

Convoi de la Minusca sur la route Bambari-Ippy (photo d'archives).
© © RFI/Pierre Pinto

L'ONG Aids Free World publie un nouveau rapport sur les violences sexuelles en Centrafrique. Avec sa campagne Code Blue, l'organisation traque les abus sexuels commis par les casques bleus dans les missions de maintien de la paix. Elle présente ici une compilation de 14 cas d'allégations d'abus sexuels contre des soldats de la paix de neuf contingents différents, des cas qui ont fait l'objet d'enquêtes préliminaires en 2015 et 2016. Ils démontrent, selon l'ONG, la mauvaise volonté de l'ONU à voir aboutir ces enquêtes. La Minusca a réagi vendredi 15 septembre. Elle promet d'examiner ce rapport et pointe aussi le rôle des pays contributeurs dans la qualité des enquêtes.

Sur le plan légal, les casques bleus dépendent de la justice de leur pays, et en cas d'accusations, l'ONU se charge des premières vérifications avant d'éventuellement renvoyer les dossiers aux autorités compétentes pour de plus amples investigations.

En l'occurrence, selon Aids Free World, ces 14 cas sont « des simulacres d'enquêtes » qui « révèlent l'absence de standards d'investigation ».

Par exemple, dans 10 dossiers sur 14, les investigations ont été conduites par un seul fonctionnaire onusien. Dans trois cas, un fonctionnaire et un représentant du bataillon dont le soldat incriminé est issu. Une enquête a même été conduite par un seul enquêteur, du pays d'origine du soldat incriminé.

Plus grave, dans huit dossiers, les victimes présumées n'ont même pas été interrogées. Et dans deux cas, ces victimes présumées ont été auditionnées dans un « cadre hostile ». Toujours selon le rapport, souvent, les enquêteurs ne cherchent même pas à interroger les témoins potentiels.

La Minusca de son coté, dit « examiner » les révélations d'Aids Free World « et promet d'en rendre de compte de manière transparente ». La mission onusienne dit « prendre des mesures strictes » pour que les « agresseurs   soient renvoyés devant la justice de leur pays d'origine » et « pour renforcer le soutien aux victimes ».