RDC: le retour à la paix dans le Kasaï passe par «l’organisation des élections»

Un enfant attend sa ration alimentaire dans un camp de déplacés à Kikwit, dans la province du Kasaï, le 7 juin 2017.
© JOHN WESSELS / AFP

En République démocratique du Congo (RDC), un forum pour la paix doit s'ouvrir lundi 18 septembre, à Kananga, dans le Kasaï-Central. Le vice Premier ministre en charge de l'Intérieur et tous les gouverneurs, autorités coutumières et leaders d'opinion des provinces du Grand Kasaï sont attendus. Le retour de la paix au Kasaï ne sera possible que « dans un cadre global et notamment avec l'organisation rapide des élections », souligne Mgr Luis Mariano Montemayor que RFI a interrogé.

Cette région du centre de la RDC a connu une année de violences à cause des affrontements entre militaires et milices kamuina Nsapu. Ces violences ont fait plus de trois mille morts et déplacé plus d'un million de personnes. Le nonce apostolique en RDC, Mgr Luis Mariano Montemayor, vient de passer six jours au Kasaï-Central. Interrogé par RFI, à Kinshasa, il est formel.

« Mais c’est évident que la solution définitive du problème kasaïen dépend de la solution du problème du pays, en particulier le processus électoral parce que la violence vécue était liée au processus électoral et aux mesures mises en place pour donner une solution à la fin du mandat du président Kabila. Je dis qu’il est très difficile qu’il y ait une pacification complète et solide sans résoudre le problème général du pays qui est le problème du processus électoral. Il faut aller aux élections et le plus vite possible », estime Mgr Luis Mariano Montemayor, nonce apostolique en RDC.

Des centaines de milliers de personnes toujours dans la brousse

Au retour de sa visite, Mgr Luis Mariano Montemayor, représentant du Vatican, se dit très marqué par la souffrance de la population de cette province. Il rappelle qu'il y a encore des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d’enfants dans la brousse et que l'aide humanitaire n'atteint pas tous ceux qui en ont besoin.

« Les accrochages sont finis et la ville de Kananga a repris une partie importante de sa vie quotidienne. J’ai vu, par exemple, des élèves aller à l’école. Cependant, la situation est très difficile dans certaines zones. Il y des régions rurales qui sont encore aux mains 'd’éléments', comme ils disent, et le sud du Kasaï-Central est sans assistance humanitaire », précise-t-il.

« Je trouve que c’est un petit peu précipité de faire une grande conférence des six provinces du Kasaï alors que l’on n’est pas encore arrivé à faire sortir la population de la brousse, mais on ne s’oppose pas. On espère qu’ils toucheront le problème concret et qu’ils ne feront pas seulement une cérémonie qui ne sert à rien car, en effet, la violence peut recommencer demain parce que les racines de la violence sont là », insiste Mgr Luis Mariano Montemayor.

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