Journée de grève générale peu suivie au Nigeria

Les syndicats demandent notamment le retrait des militaires qui assurent la sécurité de sites pétroliers dans le delta du Niger.
© (Photo : Reuters)

Le Congrès uni du travail avait appelé à la grève générale lundi 18 septembre au Nigeria. Un mouvement social dans un contexte tendu qui touche des secteurs clés de l'économie : le pétrole, le gaz, les télécommunications et l'électricité. Mais, au premier jour, on était loin de la paralysie.

La grève nationale ne s'est pas du tout faire ressentir lundi. Les stations-service étaient bien approvisionnées, les banques ont ouvert leurs guichets et aucune perturbation n'était à signaler dans le trafic aérien aux départs et aux arrivées des aéroports. Bref, manifestement les Nigérians ont ignoré le mouvement.

A tour de rôle, les principales organisations syndicales se sont désolidarisées du mouvement initié par le Congrès uni du travail (ULC). Même des fédérations pourtant affiliées ont renoncé au mot d'ordre de leur centrale. Les défections de la fédération des employés de banque et des assurances, et de celle des techniciens et ingénieurs de l'aviation sont un vrai coup dur pour l'ULC.

Division syndicale

Cette confédération de 20 membres espérait de sérieuses perturbations dans de nombreux secteurs. Pour l'instant, sa grève est quasi invisible. Elle n'est effective que dans de rares bastions. La satisfaction est donc grande du côté du Congrès du travail du Nigeria.

Cette centrale syndicale historique n'a jamais pardonné la scission en son sein qui a amené la création du Congrès uni. La première organisation en ancienneté et en nombre d'adhérents partage pourtant avec l'ULC des positions identiques sur de nombreuses revendications.

Le démarrage poussif de cette grève arrange également les autorités nigérianes. Jusqu'au bout, elles n'ont cessé de délégitimer le Congrès uni du travail. Le gouvernement refuse d’ailleurs de reconnaître son existence.

Climat social tendu

Pourtant après plusieurs mois de récession économique, le contexte social est très tendu au Nigeria. Les hôpitaux et les universités avaient été perturbés par des mouvements de grèves ces derniers mois pour réclamer une hausse des salaires.

A travers ce nouveau mouvement, les travailleurs réclament la revalorisation du salaire minimum à 52 000 nairas (environ 130 euros) au lieu des 18 000 nairas (52 euros).

L'ULC dénonce la vente annoncée de la compagnie qui fournit de l'électricité aux opérateurs privés. Ils demandent le retrait des policiers et militaires chargés d'assurer la sécurité de plusieurs sites pétroliers dans le delta du Niger. Une présence qui est régulièrement la source de graves tensions.

Pour le Congrès uni du travail, les prochaines heures et prochains jours vont être décisifs. Si le mouvement de grève ne prend pas rapidement, cette organisation syndicale pourrait avoir du mal à s'en remettre.