Une réunion en marge de l'Assemblée de l'ONU pour booster le G5 Sahel

Les présidents des pays du G5 et Emmanuel Macron, le 2 juillet 2017 à Bamako.
© REUTERS/Luc Gnago

En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, une réunion spécifique aura lieu sur le G5 Sahel ce lundi 18 septembre après-midi à New York. Elle réunira les présidents des cinq pays du groupe, Emmanuel Macron, Alpha Condé, président en exercice de l’Union africaine, la chef de la diplomatie européenne et le secrétaire général de l’ONU. Une réunion de haut niveau pour inciter la communauté internationale à soutenir la force antiterroriste conjointe au moment où le déblocage de financement devient crucial pour sa mise en place effective.

Alors que le G5 et Paris veulent voir la force mener ses premières opérations dès octobre, il manque encore les trois quarts des 423 millions d’euros jugés nécessaires pour sa mise en place effective. C’est donc toute une séquence diplomatico-financière pour convaincre la communauté internationale et notamment les Etats-Unis de mettre la main à la poche qui s’engage avec cette réunion de New York.

En réunissant ces personnalités de haut niveau, le but est d’abord de montrer que les pays du G5, Paris, l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations unies sont unanimement convaincus de la pertinence de cette force et de la nécessité de la soutenir.

On ignore encore si les Américains, pourtant invités, prendront part à la réunion et si oui, avec quel niveau de représentation. D’après une source dans l’organisation, le président malien ne serait pas prêt à se contenter d’une personnalité de second plan.

Appel à la mobilisation financière

Mardi, c’est à Berlin qu’un atelier plus technique regroupera des représentants des ministères de la Défense des pays du G5 et de l’Union européenne pour définir et chiffrer plus précisément les besoins matériels de la force.

Mais la réunion new-yorkaise vise surtout à lancer la mobilisation en amont de la conférence de donateurs de la mi-décembre qui aura lieu en marge du Conseil européen de Bruxelles, et non dans un pays du G5 comme initialement prévu, pour faciliter la présence du plus grand nombre de pays et institutions possibles. Cependant, sans préjuger de son succès, le fait que cette conférence se tienne en décembre alors qu’elle avait été annoncée pour octobre laisse craindre une accumulation de retard pour l’opérationnalisation de la force.

A (RE)ECOUTER : Financement du G5 Sahel: le silence de Washington et de Londres

Les pays du G5 Sahel. © Wikimedia commons/LeGrandJardin

Les autres dossiers africains à New York

Plusieurs chefs d’Etat africains ont fait le déplacement à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU. Ils espèrent faire entendre leur voix alors que l’actualité est dominée par une multitude de crises internationales.

Mise à part la réunion sur le G5 Sahel, quelques crises africaines occuperont le devant de la scène. Le Mali, avec un événement à part consacré au processus de paix toujours au point mort.

La Centrafrique avec le président Touadéra qui devrait plaider pour une augmentation du plafond de casques bleus dans le pays.

Les crises au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo seront discutées de manière plus confidentielle.

La Libye fera, elle, l’objet d’une réunion autour du président français Emmanuel Macron. Denis Sassou-Nguesso, président du comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye, devrait réitérer son appel à ne pas ignorer la voix de l’Afrique dans la résolution de ce conflit.

Les leaders africains devraient d’ailleurs être réunis mercredi lors d’un déjeuner autour du président américain Donald Trump.

Il devrait leur demander de s’engager politiquement à résoudre les crises sur leur continent au sortir d’une réunion ministérielle sur la réforme du maintien de paix qui devrait publiquement aborder ce thème.