Liberté de la presse au Cameroun: un rapport accable le régime

Vue du centre de Yaoundé.
© wikipedia

Alors que Paul Biya est attendu à New York pour participer à l'Assemblée générale des Nations unies, le Comité de protection des journalistes sort ce mercredi 20 septembre un rapport sur la liberté de la presse.

Ce rapport démontre une fois de plus comment la législation antiterroriste de 2014 est utilisée pour museler la presse ou l'opposition. A cet égard, le cas de notre correspondant Ahmed Abba, emprisonné depuis deux ans, est emblématique, explique Robert Mahoney, directeur adjoint du CPJ :

« Il a été accusé d’avoir violé la loi antiterroriste camerounaise et pour nous c’est ça le problème. Parce que c’est une législation antiterroriste qui est utilisée pour imposer le silence aux opposants et réprimer la dissidence au Cameroun. Et c’est tous les journalistes camerounais qui en souffrent. On a interviewé pas mal de journalistes pour rédiger ce rapport et ils nous affirment tous qu’ils craignent le risque d’arrestation ou de clôture de leur publication et qu’il règne là-bas une atmosphère de crainte et d’autocensure. Il faut absolument que Bruxelles condamne publiquement les restrictions à l’encontre des journalistes au Cameroun. On sait déjà que le cas d’Ahmed Abba est très connu à Paris, à Bruxelles et les autres capitales européennes, mais il faut que les dirigeants européens fassent une déclaration publique et forte, demandant au président Biya de libérer notre confrère. Une pression diplomatique constante c’est le seul moyen, à mon avis, d’assurer sa remise en liberté », estime-t-il.

Le ministre de la Communicaiton et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma-Bakary, vient de réagir aux accusations du Comité de protection des journalistes. Le porte-parole du gouvernement nie ces accusations et assure que la liberté de presse est totale dans son pays, mais un bémol, il rappelle que le pays est en guerre.

« Nous sommes en état de guerre. Et tous les Etats du monde en état de guerre ont des lois antiterroristes. En cela, le Cameroun n'innove pas. En France, aux Etats-Unis, vous avez des lois antiterroristes. Simplement, une seule chose n'est pas autorisée, c'est tout discours qui va à rebours de la volonté de notre nation de se protéger. Les journalistes peuvent dire ce qu'ils veulent pourvu que ce soit conforme à la défense de nos institutions, de notre Etat, de notre gouvernement qui est aujourd'hui en guerre », estime-t-il.